On est le 12, encore 2 semaines avant le salaire, ça va être chaud bouillant, je vais peut-être perdre quelques kilos, un mal pour un bien. Paco continue à boire par petites quantités et parfois par excès. Il pense faire un séjour à l’institut, à l’hôpital de jour, il connaît il y a fait un stage il y a quelques années. Il préparé sa rechute, en se disant d’abord « tiens, si j’arrêtais l’esperal quelques jours, je pourrais me boire une petite bière... » et puis c’est deux, puis trois, puis on a plus la force de reprendre l’esperal et les automatismes reviennent à toute allure et ça ne fait qu’empirer… Je connais pour l’avoir fait. Je me sens plus fort maintenant que je ne prends plus d’esperal. Je peux être à coté d’un buveur, ça ne me dérange plus. Le seul truc que j’ai du mal à supporter c’est une haleine alcoolisée. Surtout dans les transports en commun, ou l’air ne circule pas. Ca m’écœure vraiment.

Le problème quand on arrête l’esperal, c’est qu’on a un retour de manivelle, l’envie de boire revient en force puisqu’on a plus ce gendarme qui surveille vos arrières. Ca ne dure pas très longtemps, deux ou trois semaines, mais il faut encaisser. En général, au vingtième ou au trentième essai on y arrive. Ceux qui tiennent à y arriver du premier coup peuvent aussi le faire, chacun fait comme il peut. Son médecin lui a prescrit un nouveau médicament, plus puissant que le baclofène paraît-il. Je me méfie de ces réputations miraculeuses de ces nouveaux médicaments. C’est arrivé avec l’esperal, qui devait tout régler, puis de nouveau avec le baclofène, et maintenant ce medoc, toujours le même scénario, cette même croyance dans la pilule miracle.

La metha est vraiment miraculeuse, une heure après l’avoir prise tous les désagréments s’envolent comme s’ils n’avaient jamais existé.

Je n’ai rien pris samedi, 20 mg dimanche, je commence à le sentir, manque d’huile dans les articulations, courbatures, intestins en révolution, et cette sueur malodorante si particulière du manque, je pue alors que je viens de me doucher. C’est peut-être mon odorat qui me joue des tours. Je vais me faire une journée calme, 30 ou 40mg, l’esprit clair et zen, je vais pouvoir faire quelques démarches. Trouver quelques sous. Il me faut de quoi manger jusqu’à la fin du mois, puis je verrais si je peux acheter une TV. Ce n’est pas une priorité.

Mon argent est dépensé avant d’être gagné. Enfin, pas tout à fait, disons pour faire bien que c’est du budget prévisionnel. Ca sonne tout de suite mieux que « j’ai pu d’sous ».

J’essaie de trouver une musique qui convienne à cette heure du petit matin et à mon humeur, mais j’ai du mal. Je me suis entièrement rasé le crane, plus je vieillis plus j’aime avoir les cheveux court. L’andropause je suppose. Bien que ce soit sensuel. C’est surtout que c’est beaucoup plus pratique à laver et plus hygiénique, adios les pellicules. Non pas que j’en ai beaucoup mais bon, je n’ai jamais vu d’homme ayant une calvitie avec des pellicules. Ce serait vraiment moche ceci dit. Si j’avais une calvitie je me raserais entièrement plutôt que faire du cache misère en tirant les cheveux du coté du crane vers le dessus. Ca fait franchement loser. Chacun voit midi à sa porte.

Mon passage au CSAPA est fait, j’ai gobé ma pilule magique qui devrait agir d’ici une heure environ. Ensuite, je me mettrais en position du lotus et je n’aurais plus qu’à atteindre le 7° ciel. Ou un truc du genre. On peut rêver. Ca ne coûte pas cher. C’est dans mes cordes. Rêver, pas atteindre le 7° ciel. Pour ça j’en suis au même point que le reste de la planète. Je rame.

Je viens d’avoir des nouvelles du commissariat de Versailles qui voulait avoir des infos sur Nova. Je ne leur ai pas dit grand-chose, si je devais porter plainte pour tout ce qu’il m’a volé j’y passerais la journée, et ça me retomberait dessus. J’ai été bien trop gentil avec lui, et j’espérais qu’il y avait un espoir de rédemption pour lui. Faux espoir.

En cette époque de soucis, de maladie et de pauvreté (8 millions de français sous le seuil de pauvreté), en dehors de mes galères récurrentes de fric et mes problèmes de traitement je m’estime plutôt chanceux et heureux. N déprime à fond, Paco a ses problèmes de rechute,quand à moi j’ai un toit, de quoi me nourrir ainsi que mes chats, et une stimulation intellectuelle correcte. Les choses s’arrangent, même s’il faut des années pour ça. Il n’y a que pour les finances que les choses empirent. Et ça ne va pas s’arranger pendant les 5 prochaines années.Quand les choses iront mieux, j’essaierais de trouver du boulot, Personne autour de moi n’en trouve, je vais y aller au flan. Qui ne tente rien… Je vais essayer de placer mon expérience d’administrateur réseau, bien que je n’ai pas fait grand-chose dans ce domaine depuis un bout de temps. Je ne suis plus au courant de ce qui se fait maintenant. Webmestre, correspondant info, bloggueur, je peux placer tout ça dans un joli colis bien empaqueté. Mais mon age ne plaide pas en ma faveur. Ni ma période de maladie. Je pourrais commencer comme bénévole, et puis on verra par la suite. Et puis j’ai aussi le livre du siècle à écrire, en toute modestie.

C’est dur en France d’être publié. Quand je vois certains français qui font des best-stellers en reprenant de vieux thèmes de la sf et de la fantasy US des années 70, ça m’écœure, c’est limite plagiat, et il y a eu mieux depuis. Surtout qu’il y a eu de bons écrivains français qui ont galéré pour se faire éditer, a petite échelle. Il y a quelques exceptions, comme Weber, Bordage et quelques autres, pour le reste, les éditeur jettent les bébés avec l’eau du bain. C’est pathétique. Il y a des R.R.Martin en France, il suffirait de les encourager un peu. C’est pour ça que, bien qu’attiré par la SF et la Fantasy, mon roman (qui mijote depuis un moment mais ne tardera pas à prendre forme, je suis plein de bonnes résolutions en tous cas) sera axé sur une histoire plus classique. Je vous en ferais lire ce que je pourrais pour avoir votre avis, qui m’est précieux.

J’ai plusieurs douloureuses qui sont tombées, des sommes à payer de 150 et 720€, ce qui ne m’arrange pas, d’autant que les impôts vont me tomber dessus et que ma situation n’est pas florissante. Mais bon, j’ai la santé et la plupart du temps, je suis heureux d’être en vie. Que demander de plus ?