Hier je suis allé voir N, qui lutte contre son agoraphobie. Outre sa sédentarité, elle allait de la cuisine aux toilettes en passant par la chambre, et le salon-TV, et ne sortait plus de chez elle, ce qui fait qu’une marche dehors qui me prend 5 ou 10 mn (et pourtant je suis un piètre marcheur) lui prend 1/2 heure avec plusieurs arrêts. Elle n’a plus de souffle, et a pris beaucoup de poids. Elle va vite récupérer si elle continue, mais là elle a des courbatures au moindre effort. J’ai mal pour elle mais elle a du courage. Elle peut se montrer très forte.

Elle a fait du rangement aussi, elle pensait que ça lui prendrait 3 mois, en fait ça ne lui a pris que deux jours, et elle est contente d’elle. Ca s’entend à sa voix, elle est plus dynamique et a davantage de pêche. Bien que courbaturée de partout, elle a l’impression d’être une petite vieille. Elle semble avoir réussi également à se détacher de ses idées morbides, ne serait-ce qu’un peu. Je suis heureux de ses progrès. Ça devenait très dangereux pour elle avec ses idées suicidaires et morbide. J’espère tout ça, mais je n’ai pas de certitude. Elle m’a redemandé comment se suicider, j’éludais la question depuis des mois ? Années ? Là je lui ai dit ce que j’en pensais. Mais je ne pense pas que ce soit ce qu’elle veut réellement. Simplement, je la connais bien (depuis 34 ans) et dans certains cas, c’est du SOS plutôt qu’une tentative qui se concrétiserait facilement. Ca fait longtemps que ça dure. Moi j’ai eu droit au même scénario avant elle, pendant quelques années, et ce leitmotiv « je veux mourir » répété ad nauseam à longueur de journée est usant, ça s’est tassé tout seul pour moi, pas de changement de régime ou de médicament. Ca s’est calmé tout seul, avec de temps en temps un bref retour de flamme. J’espère que ce sera son cas bientôt, en tous cas elle à l’air d’en prendre le chemin. Mais la voix d’une personne connue ne ment pas, surtout au téléphone.

Je ne sais pas si je vais mettre tout ceci dans « humainsignifiant » ou « methafeeling », c’est entre les deux. De plus j’ai un mois de posts non- envoyés, because non paiement de mon internet donc coupure… Je vais ressortir tout ça en les relisant pour actualiser un peu les choses. De plus, un mois de post, il faut se les coltiner… Bon courage aux lecteurs(trices).

Au niveau des nuances dans les prises de produits, Fleurdatlas avait dit : « on en prend ou pas », pas de demi mesure donc. Pourtant, boire un verre par an ou prendre une cuite tous les jours, ce n’est pas la même chose. Pendre 160mg de metha au lieu de 40mg, c’est différent. Fumer un joint léger une fois par mois ou dix joints-assommoir par jour non plus.

Je tenais à expliquer un peu la notion de nuance dans les produits et leur prise. Je ne fais qu’effleurer le sujet, je ne fais pas de nuances sur mes propres prises, qui sont aussi des messages d’échec pour moi, mais les degrés existent bel et bien et je voulais l’évoquer. Si vous n’êtes pas d’accord ou que vous pensez autrement, on pourra en discuter. Je ne ferais pas l’autruche là-dessus, à moins de donner dans le déni, ce qui est toujours possible. J’ai changé d’avis sur bien des choses depuis mes vingt ans, parfois par nécessité ou en conséquence de la pression de l’entourage, suite à quoi j’ai lâché prise, une de plus ou de moins ne sera pas insupportable.

 

Ça fait partie de la remise en question que tout être humain devrait pratiquer un minimum dans la recherche d’une vérité personnelle et de l’honnêteté. A l’exception de ce qui a rapport avec la défonce, (ça fait une très grosse nuance, mais c’est une nécessité, pour l’instant en tous cas) j’ai fait depuis longtemps de l’honnêteté une discipline que je tente de maintenir. Avec délicatesse autant que possible, l’honnêteté n’est pas une arme pour agresser les autres. C’est le cas général sur ce blog, sauf quand mes mésaventures m’ont emmené trop loin, se perdant dans le domaine de l’indicible. Il y a une quinzaine d’années, j’ai perdu une femme que j’aimais beaucoup, sincèrement, quand je lui ai dit toute la vérité sur mes consommations. Elle n’a pas supporté et m’a quitté. Ça fait mal, et chat échaudé… Il y a tout un tas d’urban legend et de fantasmes liés à la défonce, parfois entretenus par du personnel médical incompétent (peut-être pas dans leur partie, mais sur les dépendances c’est une catastrophe. Je ne généralise pas, la majorité du personnel médical sont de bonnes personnes, heureusement), mais leur origine leur donne un aspect de vérité. Une infirmière notamment, à dit à cette femme, que j’appellerais MHA, que les toxicos ne s’en sortaient jamais. Que voulez-vous répondre à ce genre d’âneries ? Heureusement il y en a qui s’en sortent. Il n’y a qu’à aller dans les groupes de paroles genre NA (Narcotique Anonyme) pour le constater. Moi j’en ai fait ma part avec divers produits, mais la solitude et l’isolement n’améliorent pas l’estime de soi, et ce manque de confiance en soi ne vaut rien pour faire des rencontres et lutter contre une dépendance. Ni pour arrêter tout d’un coup. Je ne cours plus qu’un lièvre à la fois. Héroïne, codéine, Subutex, certains médocs, alcool, j’ai arrêté tout ça, sans en tirer de la fierté, de toute façon je ne vois pas en quoi on peut en tirer de la fierté, mais j’ai perdu de nombreux amis, qui ont succombé à leur dépendance. Moi j’ai eu de la chance, et je suis têtu, quand je prends une décision et que je l’ai vraiment en tête, c’est difficile de m’arrêter. Quand à la pulsion, c’est plus difficile, malgré diverses stratégies, qui vont du verre d’eau à une sortie pour se balader ou aller voir un ami clean (ou qui va dans le sens du mieux), en passant par la douche, un bon petit plat (si ce n’est pas 5 fois par jours), lecture, écriture... Ce qui ne m’empêche pas de faire des faux pas. De plus, la dépendance est un mécanisme complexe, une maladie, pas une question de volonté comme le pense beaucoup de gens. On ne guérit pas de la grippe ou d’un diabète parce qu’on le veut. Je pense que le diabète et la dépendance ont plusieurs points communs. Seringue, mal être sans insuline, et j’en passe. Seulement ça ne défonce pas.

Mais pas la même considération. Il y a une ombre de malédiction sur les injecteurs.

Sauf pour les diabétiques, qui est une maladie qui a une « bonne » image. En tous cas par rapport aux toxicos. Ca me fait penser que le 26/06 est la journée mondiale contre la drogue, ce qui est une bonne intention, mais assez maladroit. Ca donnera plutôt envie aux ados révoltés que le contraire. Enfin bon, c’est mieux que rien pour sensibiliser les gens je suppose.

J’ai vu mon médecin du CSAPA ce matin, ça fait 3 mois que je ne l’avais pas vu, trop de temps selon elle, je dois la revoir dans un mois. 3 mois me convenait parfaitement. J’ai vraiment du mal avec ce médecin, je n’accroche pas. Ce matin j’ai fait moult sourires et politesses, ça s’est mieux passé, mais je ne suis pas bien avec elle. Pas naturel. Elle m’a lu le compte rendu du médecin psychiatre expert pour la curatelle renforcée, il a sorti un truc bizarre, mélangeant les tentatives de suicide de mes 21 ans avec ma situation actuelle et me qualifiant comme psychotique (ou névrosé?) atypique. Polytoxicomane aurait suffit. Ca veut tout dire et rien dire. Enfin, il a appuyé ma demande, tant mieux. Pour trois à cinq ans. Féchier, un an m’aurait suffit. Je ne sais pas quelle sera la position du juge, qui peut refuser la curatelle renforcée. Je ne sais pas non plus quelle sera la somme qui me sera allouée chaque semaine, si ma demande est validée. Ca peut être 40 € comme 70 €, je suis dans le flou complet à ce sujet. Il va falloir revoir mon budget. Quoi qu’il en soit, j’essaierais de mettre un peu de sous de coté, si c’est possible. Je verrais bien, je n’en suis pas encore là. Loin de là.

Pour l’instant je vais bien, pas de benzo .

Pas de benzo donc, mais la metha me travaille, je suis toujours sur le fil du rasoir, je me force à ne pas en avoir en plus chez moi, parce que là il y a un vrai risque. Je n’ai pas de craving pour l’alcool ou pour d’autres défonce, médoc, cannabis (mais ça, ça fait longtemps que je n’ai plus de craving, 4 ou 5 ans peut-être). Après un retour sur mon blog de 2003, c’était déjà ce que je disais, donc ça remonte au moins à 2003 : plus de cannabis sauf exceptionnellement. Il m’arrive encore de tirer sur un joint si l’occasion se présente, mais je ne suis en aucun cas demandeur. M’en fous.

Le CSAPA ne me lâche pas (dans le bon sens du terme), j’y vais tous les jours, et ils ne verraient pas d’un bon œil (je crois) une demande de ma part de ne plus y aller que 3 fois par semaine. Pour les week-end, ils sont bien obligé de m’en donner pour trois jours, et ça se passe bien. Je suis curieux de connaître les résultats de mon bilan sanguin et hépatique, dans ma démarche de soin pour l’hépatite C. J’en suis à 6 semaines je crois (je ne suis pas sur) sur 32. Je n’ai pas noté sur mon agenda le début du traitement, ma mémoire d’appoint. C’est un petit agenda tout pourrit, une semaine par page, pas beaucoup de place pour noter des choses. Par le passé, il m’est arrivé d’utiliser des agendas comme des blogs (sauf que j’en écrivais moins), notamment pour le suivi de ce que je prenais, en défonce comme traitement d’appoint, avant 2003. C’était désespérant, parce que à l’époque je prenais encore beaucoup de défonce (c’était l’époque héroïne-medocs-alcool-shit-amphés et j’en oublis certainement), et chaque page était une gifle pour mes efforts à m’en sortir. J’espérais noter mes progrès, à la place c’était rechute sur rechute. Le passage aux TSO (Traitement de Substitution des Opiacés) à été un sérieux progrès, le passage au subutex à réglé aussitôt mes consommations de codéine (je m’étais déjà sevré de l’héroïne). Le sevrage de l’alcool est venu plus tard, en janvier 2011, et entre 2004 et 2011 ça a été le trou noir, j’ai souvenir de 2009, année très dure, j’ai dépassé les 3 mois d’arrêt médical dans l’année. J’étais vraiment mal. En 2010 j’ai fait une cure à Val Pyrène dans les Pyrennée, à la clinique du souffle (ils ne manquent pas d’air…), c’était sur 6 semaines avec des contrôles de la présence d’alcool avec un éthylomètre, à la 5° semaine je me suis fait prendre et jeter dehors dans la journée, ils ne rigolaient pas, c’était un jour férié et j’ai galéré comme un fou pour rentrer chez moi.Ce qui m’a marqué plus particulièrement, c’était à la gare de Toulouse, il y avait un contrôleur par tourniquet et ils contrôlaient absolument tout le monde. Je n’avais un ticket que pour l’aller, j’ai du ruser pour passer (je me suis fais refouler une fois tout de même). J’ai poireauté une bonne heure avant d’y retourner et passer malgré les contrôles.

Et en janvier 2011 ENFIN arrêt de l’alcool, après mes sauts de puces de tentatives et et d’innombrables rechutes, j’ai pu commencer à remonter la pente, ça a été un parcours parsemé d’embûches mais j’ai tenu bon. J’en étais à un tel point de mal-être que je ne voulais vraiment plus rechuter, et l’Esperal (ce médicament qui rend malade si on boit de l’alcool) m’a bien aidé. Même si ça n’a eu aucun effet sur le « je veux mourir » qui me travaillait à l’époque. J’avais besoin de la présence de ce gendarme chimique. J’en ai pris pendant 3 ans environ, puis j’ai arrêté tous les médicaments pour aider à l’arrêt de l’alcool. J’ai de brefs cravings (plus de l’ordre intellectuel que de la pulsion irrésistible, heureusement), une à deux fois par an et sinon je n’y pense plus. La présence de gens qui s’alcoolisent à coté de moi ne me dérangent plus, le seul truc qui m’écœure c’est leur haleine. Qu’ils ont l’air de se faire un malin plaisir de vous envoyer en plein visage. Quand à ceux (parfois même des amis sensibilisés au problème, qui savent pertinemment que c’est dégueulasse) qui vous proposent de boire, je me contente de leur dire non, sans explication, puisqu’ils connaissent déjà les raisons de mon refus. Mais ce sont des coups bas que je n’apprécie pas. Le dernier à m’avoir fait ce coup là est Paco, le dernier de qui je m’attendais à faire ça. Il se plaignait de l’attitude de Khalil, qui se pointait chez lui à n’importe quelle heure avec ses bières et lui en proposait à chaque fois. Et là, Paco s’est remis à boire du Chablis (du vin ! Alors qu’il était porté plutôt sur la bière). Bref. Moi, mon problème jusqu’à il y a peu, c’était les benzo, et les extras de metha.

Je n’ai aucun projet pour mon week-end, ça va être écriture, avec musique, TV, lecture (N. m’a passé Trainspotting, j’ai du mal à accrocher) et si j’ai le courage, ménage à grande eau. J’ai retrouvé des produits ménagers écologiques, je ne savais même pas que j’avais tout ça : lessive, produit pour le sol, Sanytol, un gros mélange en fait. J’ai du traverser une période « écologie » dont j’ai perdu le souvenir. Ca m’a bien dépanné de retrouver tout ça, j’étais à cours de moyens et de produits ménagers, surtout la lessive, qui est plutôt chère. Dans le genre cher, il faut que je rachète des rasoirs à 5 lames, c’est cher mais ça dure bien plus longtemps que les autres et ça rase mieux. C’est entre 10 à 20 euro le rasoir. Ce que je dis là n’a pas le moindre intérêt, donc j’abrège.

L’autre nuit (c’était la fête de la musique) Pp se pointe chez moi, s’écroule sur le canapé et s’endort en quelques secondes, C’était en début de soirée. Vers 3h00, le téléphone sonne, j’étais dans le potage (je dormais quoi) le temps que je décroche ça s’arrête. 10Mn plus tard ça recommence, je décroche, c’était Nova qui voulait me demander de l’eau. Il se pointe, je ne sais pas ce qu’il avait pris, en tout cas il sentait l’alcool. Il puait l’alcool plutôt. Pp m’avait déjà dit de ne pas lui ouvrir, trop tard, là il ajoute qu’on fait trop de bruit, je donne son eau à Nova, en lui faisant la remarque qu’il était 3h00 du mat, il n’avait pas l’air d’en être conscient, bref, il part, sur ce, Pp s’habille sans un mot et s’en va, manifestement énervé. Tant pis pour lui s’il a les nerfs fragiles. Je me suis recouché et j’ai bien dormis, merci.

Il y a des gens sans aucun savoir-vivre, c’est pas croyable ma pov dame.

Je n’aurais peut-être pas du ouvrir ma porte, mais si Pp avait une meilleure mémoire, il aurait pu se souvenir de cet autre soir pas si lointain où il s’est pointé chez moi complètement défoncé aux cachets et ou je l’ai hébergé, ce qui l’a bien dépanné vu l’état ou il était. J’ai failli appeler les urgences, mais pour y être passé avant lui, je me suis dit qu’il avait surtout besoin d’une bonne nuit de sommeil. Le lendemain matin, frais comme une rose, il est parti vers d’autres aventures. Il a oublié que ce qui vaut pour lui vaut pour les autres. C’est sur que Nova est un sale type, mais je ne ferme pas ma porte à une personne en difficulté. Tant que ça ne transforme pas mon appart en lieu de résidence pour les toxicos, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Et si ça devait en prendre le chemin, je prendrais des mesures pour changer la donne. Et puis, donner de l’eau à quelqu’un, même à trois heures du mat., ça ne représente pas un effort extraordinaire. Il y en a eu d’autres avant moi, plus connus que moi, même sans rechercher la popularité, qui ont loué les lois de l’hospitalité, la bonté et l’amour du prochain. Certains feraient bien de s’en souvenir. Dans le dossier avec mon évaluation psychiatrique, il est dit comme un reproche et un signe de déficience mentale que je recevais des gens chez moi. Apparemment, ces gens n’ont lu ni la bible, ni le coran, ni aucun des livres prônant la spiritualité et les qualités humaines.

Ca me démange de le dire à certains(es) mais je n’ai pas osé, parce qu’il semblerait que ça fasse partie de la « normalité » et que tout le monde semble penser ainsi. Alors je suis bien content d’être anormal.