début mai je crois.

On est dans la nuit de dimanche à lundi, je me suis réveillé à 3:00 et je n'ai pas pris de metha depuis vendredi matin. 3 jours sans metha. Je ne me sens pas mal, juste impossible de dormir. Ce n'était pas voulu, je l'ai perdue, ou on me l'a prise.

Le pirate de mon blog était Nova. Il a trouvé mon id et mon pw sur mon PC que je n'avais pas pensé à fermer. Il n'a lu qu'une page, ou je parlais de façon gratinées de lui (post précédent).Bon, il n'a pas fait de dégâts et il n'a pas su retrouver le blog (faux nom de blog donné par votre serviteur, ce n'est pas aux vieux singes...) ni les pseudo que j'avais mis. Il se voyais déjà ennemi N° 1 des malfaiteurs, nouveau Mesrine, entre espoir et désespoir. Je crois qu'il n'aimera jamais le bleu. Comme moi, je l'avoue. Pris sur le fil de deux mondes opposés. J'ai toujours trouvé ça très paradoxal. Tant que j'étais avec des administratifs ça allait mais une fois chez les tenues, ça a été le désastre annoncé. Il faut vraiment le vouloir et avoir la vocation. Sinon, les sujets les plus courants sont : le foot et les gonzesses. Dans l'ordre qu'il vous plaira. Il y a aussi quelques cyclistes. Mais ils parlent des mêmes choses. J'ai eu horreur, en situation de faiblesse ou j'étais, de ces juges-jury-bourreau qui bavardent, qui papotent, de vraies pipelettes. Il faut supporter. Moi je n'ai pas pu. Pas plus de 5 ans avec des arrêtés médicaux conséquents. Maintenant que je sais que je ne travaillerais plus, c'est un immense soulagement qui m'envahit. Je n'avais plus la pression du boulot que je ne parvenais plus à assumer. Quand au fric, c'est important mais pas vital tant qu'on a un toit et de quoi se nourrir, et se vêtir.

Bon, une fois tout ça réalisé, on n'a plus qu'à s’asseoir et se mettre à pleurer, parce qu'on n'a plus rien à faire, peut plus, plus de sous.

Paco m'a bien dépanné en me prêtant de l'argent, il est allé voir Alien Covenant, il a trouvé ça bien. J’irais bien le voir, je ne sais plus à combien de décennies remonte mon dernier ciné tout seul. Je ne sais même pas si c'est seulement arrivé un jour. Pour moi, c'est un truc convivial. Et dans convivial, il y a Vivi, l'illustre Vivi.Vivi la vive.

Normalement, demain soir j'ai une TV neuve, je vais attendre que Paco revienne et on la montera ensemble. J'ai deux mains gauches et une mauvaise façon de m'en servir. Comme j'en suis conscient, je prends mes précautions.Et puis les TV bousillées, ça va pour cette année, alors que ça faisait 50 ans que je n'en avais pas cassée une.Avant, je les réparais (enfin, soyons réaliste, je savais bidouiller les menus) aujourd'hui je les explose. C'est un choix de carrière qui peut se discuter. Si on a vraiment rien d'autre à faire.

J'ai encore 900€ que je dois aux impôts, trois ou quatre mensualités (là, je rêve peut-être, ça pourrait être 2*450, c'est même probable.). Autant pour moi. Ce qui nous amène à la curatelle honnie.

J'entends des chiffres, 60€/semaine, 45€/semaines etc... Je ne sais pas ce que j'aurais mais ça risque de faire court. Je compte deux flacons de parfum à e-cig tous les trois jour + Une cigarette neuve de temps en temps Pour la bouffe 3 ou 4 €/jours et les fringues15 euros par mois ( ? c'est jouable à votre avis?Je mise peut-être trop sur la e-cig et pas assez sur la bouffe. Surtout que j'ai surévalué ma conso de produits à cigarettes. En plus il me reste 1,5 litre de produit à 12 et 19mg/l, j'en ai pour jusqu'à Noël.

Quand au fric, je me dis que dans 3 mois ça ira mieux. Il y aura une nouvelle couille d'ici là, mais les galères, c'est une après l'autre, pas toutes ensembles.

Là, il faut que je vois le psy expert de l'administration pour la curatelle, il m'a répété au moins 5 fois de ne pas être en retard. Il me fait l'impression d'être un beau psychorigide. Je vais demander à mon père un chèque de 160€, prix de cette expertise. Et encore, certains médecins n'hésitent pas à faire grimper les coûts de consultation. Maintenant, je ne me fais plus chier, je montre les dents et grogne. Il semble que les gens ne comprennent que la violence.Je ne suis pas violent pour un sous, mais je peux faire un acteur acceptable.Amateur, mais ça fonctionne quand même. Ca me ramène un vieux souvenir, une nuit vers 4 ou 5H00 du mat, je rentrais chez moi et je croise une femme, la cinquantaine. Au moment de la croiser, je la regarde dans les yeux : elle tenait son sac à main serré contre elle, et elle était manifestement terrorisée. Elle devait être persuadée que j'allais lui sauter dessus pour la voler (à un « i »près, on avait l'autre possibilité). Je ne sais pas lequel des deux a été le plus choqué, elle qui se voyait violentée ou moi de faire si peur alors que je n'avais aucune mauvaise intention.Ce qui me rappelle une autre de mes mésaventures : à l'époque (vers 1985) je prenais de la codéine. J'ai été hospitalisé pour je ne sais plus quel motif, je suis sortis avec un couteau, et j'ai braqué la première femme que j'ai croisé. Ne me demandez pas pourquoi, mais pendant des années le neo codion (et équivalent) est resté au même prix, un prix modique. Et j'ai demandé cette somme à la femme. Pas la totalité de son sac à main, mais c'est comme si on demandait 4€ aujourd'hui, pour vous donner une idée. Cette femme a été intriquée que je demande une si petite somme, elle a vu également que je n'avais aucunement l'intention de me servir de ce couteau. Elle m'a donné 50 francs au lieu des 10 que je lui demandais. Les gens ont parfois d'étranges réactions. En bien comme en mal.

Mes expériences de braqueur ne sont pas très nombreuses, je n'avais pas le profil. J'avais d'autres moyens de faire de l'argent. De toutes façons, quand on tombe dans les drogues dures (surtout pour le porte-monnaie), il n'y a pas trente six solutions : soit on vole, soit on se prostitue, soit on deale. Ou alors on s'appelle JL Delarue et on gagne beaucoup d'argent. J'ai choisi cette dernière solution (le deal, pas Delarue). Je n'ai jamais vendu à la sortie des écoles, mais a des gens comme moi, qui galéraient en fonction des opportunités. Et j'étais jeune. Ce n'est pas une excuse, je sais, mais j'ai décroché à 22 ans, et j'ai eu de la chance. Et un peu de prudence, ça aide. Mon pote Franck était séropo, et on échangeait les seringues, je nettoyais les miennes à l'eau de javel, ce qui m'a protégé du VIH, mais pas du VHC, qui est beaucoup plus résistant. J'ai pris mon premier jour de traitement hier, tout va bien, rien à signaler. Traitement à 28000 €, et encore, les prix ont baissé. Mais les médecins se sont rendu compte que ça revenait plus cher de ne pas traiter que de traiter.

Le poids de la bourse à fait pencher la balance dans le bon sens (à mon avis en tous cas). Jusque là, ils ne traitaient que les stades F4 et/ou F5, c'est à dire cirrhotique avancé ou cancéreux (moi je suis f1/f2). En gros, ils attendaient que les gens soient au bord de l'agonie pour réagir. Et la décision était prise par un comité de médecins, ce qui ne s'était jamais vu. L'ancien traitement, pour un génotype 4 comme moi, durait un an avec 50% de réussite, maintenant ça dure 3 mois avec 98% de réussite. Mais si on a une conduite à risque, on peut le rattraper. Ca n'est pas dans mes intentions. Ca fait 30 ans que je traîne cette saleté et les statistiques sont contre moi. Les risques grandissent au fur et à mesure que le temps passe j'ai vu ce que donnait un stade F5, ça ne fait vraiment pas envie. Un F5 qui continuait à boire, suicidaire. Dans le genre autodestructeur il y a pire que moi...

Mon infirmière préférée me dit que je n'ai pas l'air bien. Elle a certainement raison, moi je ne me rends pas compte. Enfin, pour se retrouver à l'hôpital avec 41° de fièvre, je ne devais pas avoir l'air bien, c'est sur. Mais elle parle d'une façon plus générale. Et je dois avouer que ça m'agace . Qu'est ce qu'elle veut dire exactement ? C'est ma façon de m'habiller ? Ma tête de bois ? Je vais me raser le crâne et mettre une veste clean, on verra bien la réaction.

Voila, c'est la magie de l'indirect, me voilà rasé (pas façon skin, il me reste 2mm de cheveux), propre, habillé de frais avec une belle veste (trop petite, mais faut pas trop en demander d'un coup). Je verrais bien la réaction. C'est tout ce que je peux faire pour l'instant. Point trop n'en faut.

Avec trente kilos de moins ça irait mieux mais bon, faut pas rêver. Le réveil est difficile.

Bon, la veste et la coupe ont été remarqués, il n'y a pas eu de riz ou de confettis jetés par la foule en délire, mais ça va, je suis content. Je n'en attendais pas plus.

Les hôpitaux me font de plus en plus horreur. Surtout si c'est pour se voir attaché à un lit toute la nuit. Ca n'est pas arrivé samedi, mais j'ai toujours peur de voir se pointer 4 costauds pour me lier au lit. La fois ou c'est arrivé, il ont reçu autant qu'ils ont donné. C'est arrivé 2 ou 3 fois, je n'ai jamais aimé ça. Je ne vois pas qui aimerait d'ailleurs .

Non, je crois que mon infirmière fait allusion à ma tendance à aimer prendre des benzo de temps à autre. Ils ont du mal à me croire quand je leur dis que je n'ai rien pris. Il faut du temps pour que la confiance se rétablisse. C'est pourquoi je leur ai dit de me faire un test urinaire quand ils le voulaient. Je ne sais pas quelle est la demi-vie du valium, mais ça fait plusieurs semaines que je n'en ai pas pris. Je suis sur d'être négatif. Mais au CSAPA ils attendront de voir que je ne vais pas bien pour faire un test. Je n'aime pas trop ce jeu du chat et de la souris, mais bon, il faut faire avec. Pour l'instant. J'en suis à trois jours de traitement, cette nuit une violente migraine l'a réveillé vers 3:00, j'ai pris un doliprane, attendu un peu puis j'ai pu me rendormir. C'était un effet secondaire possible du traitement de l’hépatite C. Auquel j'ai eu droit, merci m'sieur-dame.

J'attends mon dongle avec impatience, j'ai reçu mes cartouches d'encre, il faut que je nettoie les têtes d'impressions avant de les poser. Parce quand les têtes sont en rade, ça bloque tout, scanner, photocopie, télécopie, et bien sur, les impressions. C'est frustrant de ne pas avoir le net. Et une imprimante. Les cartouches à elles seules coûtent le prix d'une imprimante neuve. La prochaine fois (s'il y en a une), je ne me ferais pas chier, j'achèterais du neuf. C'est le rasoir d’Occam : la solution la plus simple est probablement la meilleure.

Thierry le SDF a perdu ses papiers il raconte la même histoire à tout ceux qui veulent l'écouter. Mais il est saoulant. Il y a des gens qui s'arrêtent pour lui parler, mais lui, tout ce qu'il attend c'est de la thune. Pas intéressant mais intéressé. Enfin, nul n'est parfait. Et puis c'est une situation vraiment difficile qu'il traverse. Je ne m'imagine pas à sa place. Ca a déjà failli m'arriver. J'ai été convoqué chez les flics qui voulaient savoir si j'avais une arme, ou un chien en vue d'une expulsion. Ce n'est pas passé loin.

En hiver ils ne font pas d'expulsion, mais le reste de l'année...

Je me souviens d'un couple qui s'était barricadé chez eux, clouant des planches à leur porte pour éviter l'expulsion, mais ça n'a pas retenu la police longtemps. Un ou deux coups de bélier et c'était fini.

Être à la rue c'est réellement une régression, en plus les clodo ne sont pas tendres entre eux, c'est un monde violent.

Mimoun, l'ex de N, a été dehors quelques nuits, il a vu deux SDF pisser sur un 3° qui dormait, et il s'est fait piquer son PC portable. Ca l'a calmé, il est revenu chez N les oreilles et la queue basse. Je me félicite de ne pas avoir cédé à la pulsion de proposer à Thierry de l'héberger, ça aurait mal finit. Il n'est pas reconnaissant envers son pote qui l'héberge, il est plein de colère et de ressentiment. Je n'ai pas besoin de ça chez moi.

Surtout pour entendre les mêmes histoires en boucle. Et là, il cherche une bonne âme pour l'héberger 4 nuits. Quand il a dit ça ce matin, je me suis dit « tais-toi, ne dits rien, ferme-là... » et j'ai pu retenir ma langue. De justesse. Pour moi, l'hospitalité n'est pas seulement un mot. Aider son prochain, c'est important. Mais on ne peut pas se fier à tout le monde. Il y a des Novas qui rodent...

En rentrant, vers 10:00, j'ai eu un coup de barre, je me suis dit « j'ai le temps, je peux dormir une petite heure » je me suis réveillé à 14:00 alors que j'avais un RV à 13:00... Dans ces cas-là, il faut que je pense à mettre un réveil. Je ne peux pas me fier à mes rythmes biologiques.A ce niveau là, je baigne dans le GNIQ (le Grand N'Importe Quoi)