Voilà, j’ai fait mon passage matinal au CSAPA, je suis en forme (en forme de quoi ? En forme de Klodd je crois), normal, bien que ce mot soit indéfinissable, inapplicable du moins.

Je pense souvent à Fleurdatlas et DJM, en leur souhaitant meilleure santé et le moins possible de stress.

Khalil a fini par faire ses valises au bout de 5 jours au lieu des 2 prévus initialement, mais il a été de bonne compagnie (surtout parce qu’il piquait du nez tout le temps). Il brillait par son silence. Je ne sais pas exactement ce qu’il sniffait, acétone ou trichlo, bref une belle saloperie. Le genre de merde que je sniffais à 15 ans parce que je n’avais pas une thune. J’ai rapidement arrêté pour passer à des produits plus récréatifs. Et plus cher. Il y aurait beaucoup à en dire, mais ce sera pour une autre fois.

Je réessaye de passer à 20mg de metha, je l’avais déjà fait (de 40 à 20) mais c’était vraiment trop dur et je n’avais pas assez de motivation. Je verrais si cette fois ça ira mieux. Je ne veux pas me faire violence. Et je demanderais au médecin de me passer à 35mg, j’aurais un panel de gélules plus adapté à mes besoins(1 gelule de 20mg, une de 10 et une de 5mg). La ça fait depuis noël que je suis passé de 30 à 20, c'est moins difficile, et pour l'instant ça va. Un peu laborieux le matin, mais ensuite en journée ça va. Il m'est arrivé 3 ou 4 fois de reprendre 40, plus par besoin psychologique qu'autre chose, mais dans l'ensemble je tiens la route.

Je dois voir le médecin, jeudi je crois. Ou lundi. Il faut que je regarde mon agenda. Avec ma mémoire de poisson rouge ça m’est bien utile.

Sauf quand j’oublie que j’ai un agenda, ou que je ne me souviens plus où je l’ai mis. J’exagère un peu, mais à peine.

Hier soir papou m'a rendu visite, puis le temps passant il est resté dormir chez moi. Il continue à ronfler joyeusement à l'heure ou j'écris ces mots. Est-il possible de ronfler joyeusement ? Peut-être pour Joyeux, un des sept nains, mais pour un être humain de base ?

En ce moment je replonge dans des souvenirs tristes ou joyeux avec ma mère avant sa maladie. Elle avait l'humanité qui fait défaut à mon père. Personne n'a toutes les qualités... C'était souvent la guerre entre nous, pendant mon adolescence, mais avant et après ça se passait plutôt bien. Elle m'a bien dépanné à certaines occasions. Mon père montre son amour avec son argent. Ma mère le faisait par ses actes. Moi je suis entre les deux. Avec une préférence pour les actes. Qui ne seront jamais remplacés par l'argent.

C'est incroyable ce que je raconte comme platitudes. Il n'y a pas un master of banalités ? Je serais qualifié ! Voir major.

On est déjà le dix, je ne sais plus quand j'ai commencé ce post mais ça fait au moins depuis le 27/12/16. Je n'ai pas la motivation pour écrire. Papou est encore là, encore en train de piquer du nez, ce qui me permet d'écrire en écoutant de la musique (U2- ZZ top). De temps en temps il ouvre une paupière, on échange quelques mots puis la paupière se referme et je me remet à écrire. Pas du genre à s'énerver. Je préfère encore ça aux nervis qui s'excitent, parlent fort, brassent beaucoup d'air et sont gênants plus qu'autre chose.

Ma chatte Misti repère les nervis à 3 km et va se cacher dans la chambre. Elle ne les supporte pas. Elle détestait Nova, qui le lui rendait bien. Ces deux là ne pouvaient pas se voir. Nova voulait (pendant un temps) avoir un chien d'attaque, mais il s'y prend comme un manche avec les animaux. L'imaginer possédant un de ces chiens qu'on dresse à l'attaque me hérisse le poil. Ce serait un désastre.

De toute façon, n'importe quelle arme entre ses mains est potentiellement une catastrophe.

J'ai essayé de lui inculquer ma philosophie (pas d'arme, pas de problème) mais sans grand succès.Quand j'avais 22 ans, je suis passé devant le juge pour port d'arme de 6° catégorie, un 9mm grenaille, ça m'a calmé, je n'ai plus jamais porté d'arme, blanche ou à feu ou de quelque sorte que ce soit. J'ai pris 2 mois avec sursis, peine très légère due à ma récente intégration dans la police. Si ça avait été plus tôt ou plus tard, je n'aurais pas eu mon boulot, mais les étoiles se sont alignées pour moi ce jour là. J'ai eu le cul bordé de nouilles si vous préférez cette expression.

J'aurais pu réagir à l'inverse et me mettre à porter 2 guns au lieu d'un. Il y en a qui se sentent forts de cette façon. Ce n'est pas mon cas.

J'ai été braqué 4 fois ça aussi ça calme, d'où le pistolet, j'ai changé de coin et de connaissances. Mais c'est quand j'ai déménagé que les choses se sont vraiment améliorées point de vue défonce. Pas loin (15km) mais ça a suffit. Et à l'époque, je fuyais les ennuis, je ne les cherchais pas. J'avais déjà fais le plus gros de mes galères là-bas et tentait de sortir la tête de l'eau. Et ça a fonctionné, pendant une dizaine d'années.Jusqu'à je me mette à taper dans mon stock de metha il y en avait une grosse caisse, qui n'a pas duré longtemps. Au début, je la donnais à N qui démarrait son propre traitement et avait peur d'être sous dosée, elle a allègrement tapé dans mon stock, et moi je me suis mis à en faire autant, avant de mettre au point d'autres stratégies pour en faire un mesusage. Voila un mot que les médecins apprécient, au lieu de dire « il en a pris trop », ils disent « il en a fait un mesusage ». Ca sonne tout de suite plus classe. Enfin, chaque métier à son langage. Quand je commence à parler un peu informatique, il y a des gens qui sont totalement largués. Et il n'y a pas à tortiller : un chat est un chat, pas un chien, les mots ont un sens et en désigner un par un autre est la marque d'un esprit faussé, ou inculte. Comme Perceval et son acolyte. Cf Darck Crystale.

Il est 15h30, Papou s'est réveillé pour manger. Il est très doué pour ça. Ce qui m’embête, car je n'ai que très peu de moyen, et ce qu'il dévore ne va pas dans mon estomac, qui a régulièrement besoin d'être alimenté, lui aussi. Quand il amène son déjeuner ça ne me gène aucunement, mais quand il tape dans mes maigres stocks, ça me pose problème. Je ne vais plus me nourrir que de pâtes, ça réglera la question.

Rien de tel pour dégoûter quelqu'un qu'un régime de pâtes nature, avec pour seul assaisonnement du sel et du poivre. Ou pire : sans rien. C'est dégueulasse. Dans la série : j'ai testé pour vous...

Papou vient de partir, avoir quelqu'un qui dort à coté de vous n'est pas très stimulant. Et puis je n'avais qu'un écouteur, au cas ou il m'aurait parlé, mais là je vais pouvoir mettre la musique à fond, yeah.

Demain, rien de prévu, le 12 j'ai une réunion au Csapa avec l'assistante sociale de l'administration. Le 16, bis répétita, et il faut que je vérifie si je n'en ai pas d'autre autour de ces dates. Je note ces RV sur des petits cartons jaunes du CSAPA mais je ne pense pas toujours à les consulter. Très utile. A se demander si je n'ai pas perdu un des trois neurone qui me restait.Ce qui me mettrait au niveau de Khalil, la honte.

Dire qu'il était brillant avant l'alcool et autres saloperies qui l'ont mis à genoux. Quel gâchis. Le voir aujourd'hui comateux son chiffon imbibé de saletés chimiques sous le nez, c'est affligeant. Il y a quinze ans, c'était le roi du quartier. Aujourd'hui, se sachant condamné il s'autodétruit avec application.

J'en ai vu d'autres faire ça, notamment quand les premiers séropositifs ont été découverts. C'était alors une condamnation à mort, comme le cancer fut un temps. Les séropo de l'époque se jetaient à corps perdu dans la défonce, avec l'idée que le combat était perdu d'avance. Quand on perd l'espoir, on ne lutte plus. Ca m'est arrivé aussi mais j'ai eu la chance de rebondir, en évitant les cases prison et sida. Encore la chance... Et aussi, il faut bien le dire, une certaine prudence qui m'a évité des tas d'ennuis.

Hier deux collègues sont passés, pour voir si j'étais encore vivant. En fait, mes arrêts maladie d'un mois vont du 27 au 27 du mois suivant, et là je ne m'en étais pas occupé, mea culpa mea maxima culpa. Donc hier, l'assistante sociale du CSAPA m'a dit de m'en occuper au plus vite, avant que des collègues débarquent pour me notifier un abandon de poste, ce qui m'aurait coupé de mon poste avec tout ce qui va avec, droits, salaire etc. Ce qui fait que quand mes collègues sont arrivés, j'ai eu peur d'avoir réagi trop tard. En fait, hier après mon passage au CSPA je suis allé aussi sec chez le médecin, j'ai rempli les papiers et les ai posté vers 12:00, mes collègues sont passés vers 14:00, l'alerte a été chaude. C'est mon coté autodestructeur qui se manifeste je pense.

J'ai beaucoup de mal avec les démarches administratives, je laisse les choses aller jusqu'à ce qu'elles me retombent dessus. En éclaboussant. Beurk.

En plus, ça coûte cher.

Il faut vraiment que je creuse la question, parce que je ne sais pas où part tout mon argent en début de mois. Il y a là un vrai problème. J'ai réussi à récupérer de petites sommes, 20 à 40 euros, mais ce n'est pas assez. Il y a des choses que je ne m'explique pas, comme ce que me coûte ma facture de téléphone portable (+ou- 150€, et 180 il y a peu), c'est beaucoup trop. Je vais essayer de faire descendre ça vers 60 €, ce qui serait encore beaucoup mais pas les factures affolantes que j'ai actuellement. Il faut que j'épluche tout, c'est décourageant. Il va falloir que je m'y colle si je ne veux pas passer pour un abruti devant une assistante sociale. J'ai déjà donné.

Le vrai problème, c'est que je me fous de l'argent. Alors que c'est important, il ne faut pas se débarrasser du problème d'un haussement d'épaule. Moi, tant que j'ai un toit, de quoi me nourrir et m'occuper, je me sens bien. Alors que mon comportement pourrait me coûter mon logement et mon petit salaire. Il faudrait que j'arrive à me reprendre. Pendant des années ça allait bien, mais entre l'alcool et le chit, ça revient cher, à plus d'un titre. C'est en partie à cause de ça que je me suis mis en surendettement. Il y a eu d'autres causes, mais bon, on ne réécrit pas le passé.

Encore une belle ânerie ça, on ne réécrit pas le passé. Bien sûr qu'on le réécrit, tous, plus ou moins. Les historiens eux-même se prennent le bec sur des points de détail comme sur des événements majeurs, on est en désaccord sur des choses qui sont arrivées dix ans plus tôt, que dire quand il s'agit de siècles ? Et à titre individuel aussi, on embellit ou on enlaidit les événements selon ce qui nous arrangent. Ce n'est pas du mensonge, mais des tours que nous joue notre inconscient. Ce petit sacripant.