Hier soir j’ai pris un somnifère, pour la première fois depuis le début de mon séjour, je me suis endormi si rapidement que je n’ai pas senti ses effets éveillé. Je suppose que la flèche a atteint le centre de la cible et qu’il n’y a aucune raison de se plaindre.

Quand c’est possible, j’essaie de prendre un minimum de médicaments. Il y a quelques années, j’avais une ordonnance longue comme le bras, c’est un soulagement de n’être pas sur-consommateur de médocs surtout quand ça a l’air d’aller et que rien ne justifie tous ces médicaments sinon des mécanismes de consommation et de dépendance.

Je n’ai plus que deux médicaments le matin (Olanzapine et Venlaflaxine) et la méthadone bien sur, qui est aussi un médicament mais que je mets tout de même un peu à part étant également un stupéfiant.

Pour moi et mes problèmes d’addiction, ça fait une différence, mais peut-être pas pour vous.

Je parcoure de vieux Science et Vie pour m’occuper l’esprit, et il y a toujours des choses a apprendre. Toujours avoir un moyen de lutter contre l’ennui, des stratégies éprouvées pour éviter les cravings comme celui d’hier AM. Et du stress que ça implique.

Outre le somnifère, j’ai utilisé des techniques de relaxation et de respiration pour me détendre, et la combinaison de tout ça a été efficace.

J’ai vu le médecin tout à l’heure, il a été un peu déçu que je lui dise que je voulais sortir le 12/07, mais il m’a également dit qu’il valait mieux prendre son temps pour être stable, quitte à sortir à 25 ou 30mg, au lieu de 20mg. Mais je suis têtu, et quand j’ai une bonne motivation dans la tête…

Je remettrais le sujet sur le tapis lors de sa prochaine visite, le vendredi 29/06.

J’ai eu l’assistante sociale du CSAPA au téléphone, elle s’est mise en tête de me faire faire un SAVS, ou Service d'Accompagnement à la Vie Sociale, ne me demandez pas ce que c’est précisément, je l’ignore. Je chercherais ça sur le net plus tard. Toujours en vue de mon jugement pour trouble du voisinage le 20/09, pour avoir un dossier en béton. Cette AS a parfois des idées tout à fait étranges, mais je sais pouvoir compter sur elle. Je ne crache pas sur les bonnes volontés, il y en a si peu...

Pour être concerné par le SAVS, il faut être handicapé, physique ou mental, or je ne suis ni l’un ni l’autre. Malgré ma déficience auditive.

Le type de la curatelle m’a affirmé qu’étant en curatelle, c’était gagné d’avance, mais j’ai quelques sérieux doutes, et il vaut mieux prévenir que guérir. La possibilité de me retrouver à la rue ne m’enchante guère et alimente la pire de mes angoisses actuelles.

D’autant que mon père ou encore Paco ne veulent pas m’héberger si ça en arrivait là. C’était 2 des 3 options à laquelle j’avais pensé, reste Nath, mais elle héberge déjà quelqu’un, ça risque d’être compliqué. Il y a donc des chances pour que je me retrouve dehors. Si ça devait arriver, je chercherais un appart tous azimuts, quitte à payer un peu plus cher de loyer. Vu les prix en IDF, c’est très probable. Étant donné que mes revenus ont fortement baissé, je devrais avoir droit à une APL, il va falloir que je me coltine le dossier. Vive les AS.

En parlant d’AS, je vais devoir reprendre rendez-vous avec mon AS de secteur, j’ai déjà raté deux RV, pour des raisons légitimes, il n’empêche que c’est à éviter et ça a de l’importance.

Marielle m’a dit que ma chatte, Crapule, mangeait et buvait mais elle se cache quand Marielle passe. J’espère que cette hospitalisation ne va pas la traumatiser, comme Misti en 2012. Elle était devenue très farouche à la suite de cet épisode. Pas tellement avec moi, mais plutôt avec tous les autres êtres humains. Ceci dit, elle l’était déjà, ça a joué un rôle d’amplificateur.

Misti a compensé par la nourriture, elle a pris un peu de poids… Mais peut-être fais-je de l’anthropomorphisme.

Je m’imagine déjà retrouvant Crapule, ce sera la fête. Dans deux semaines, à un jour près.

C’est fou comme elle me manque. Je suis pressé de la retrouver. Je ne suis pas du genre à bêtifier auprès de ma chatte ou à la considérer comme ma fille, simplement je me suis attaché.

Je traverse un moment de solitude, malgré la présence d’autres patients, et ça m’aide de penser aux choses positives. Crapule en fait partie.

Je vais avoir de la balnéothérapie (un genre d’aquagym) demain, ça devrait me relaxer.

Quand aux autres patients, ils sont presque tous en sevrage alcool, j’ai du mal à me sentir proche d’eux, bien que j’ai traversé la même galère. Pour moi, c’est un passé révolu que je ne veux pas revisiter.