Je me tape la plus récente des séries « Flash » en boucle depuis hier à raison d’une saison par jour (sur Netflix, que j’ai gratuit pour un court mois).

Résultat, je suis en retard dans tous les ateliers quand je ne les zappe pas totalement. Pas bon ça. Je vais avoir droit à un recadrage par mon médecin référent (ce qui signifie deux entretiens par semaine, brièvement). Mais malgré ça, il est efficace et bon addictologue.

Ou peut-être pas de recadrage, je réagis comme si j’étais encore à l’hôpital psy, dans cette prison bourrée de coton et de médecins manipulateur à l’égo surdimensionné. Mais je me fais à ce nouveau milieu.

Ce matin, comme prévu, deux officiers de la police judiciaires sont passé pour me questionner au sujet de Nova, suite aux énormes tags qu’il a graffé en bas de chez moi le matin du 30/05 et à la plainte du bailleur qui a suivi. Ils n’ont pas voulu de la mienne, de plainte, car c’est au propriétaire d’agir, pas au locataire. Nova a tout bonnement ignoré les caméras, et les deux OPJ avaient deux belles photos de lui, parfaitement nettes, qui m’ont permis de l’identifier clairement. Moi aussi je me venge, par voie légale. Il l’a bien cherché.

Juste un peu de tristesse, parce que ce ricochet dans la trajectoire de vie de Nova risque de lui coûter cher, probablement pas de prison mais une belle amende en remboursement des dégâts qu’il a commis. Lui qui aime tellement l’argent (et qui montre parfois tant de radinerie) tirera bien long la langue, à moins que ce ne soit sa mère qui paie, mais alors bonjour l’ambiance dans la petite famille.

Ca pourrait bien faire une tâche indélébile sur son CV. Lui qui m’en veut déjà tellement, il va re-sur-repéter un câble.

Tout ça parce que je lui dois 60€ que je n’ai pas pu lui rembourser faute à la curatelle, et que Nova ne vienne pas dire qu’il ignore ce que c’est, il est en curatelle renforcée depuis sa majorité.

Quel gâchis, c’est pathétique.

Je viens de voir le médecin en coup de vent, je pars sur l’idée d’une diminution de méthadone, d’abord 30mg pour quinze jours, puis selon comment je me sens baisse à vingt mg, pour quinze jours again. Ce qui me ferait sortir dans un mois, pétant le feu, le moral au beau fixe et des projets plein la tête. A la suite de ça je resterais à vingt mg, pour pallier au risque de mettre a jour une vieille addiction ou la mise en place d’une nouvelle dépendance ayant des mécanismes proches sinon identiques.

Mais peut-être que je me fais peur tout bêtement, que je suis assez stable et fort pour aborder de nouvelles rives et visiter de nouveaux paysages. Il ne faut pas courir trop de lièvres en même temps.

Ca demande une mise au point, accepter l’idée d’être sous metha à vie, et de continuer à vivre ainsi jusqu’à ce que l’entropie me rattrape.

Comme les diabétiques avec leur insuline, comme mon père. Après tout, il y a de nombreux points communs. L’addiction est bel et bien une maladie, je vais devoir accepter ma grippe dont je connais par cœur les mécanismes, ou mon diabète plutôt. C’est même moins contraignant et dangereux qu’un diabète. Pris régulièrement et à heure fixe (ou à peu près), on peut vivre correctement, et pratiquement normalement, sans mésusage ni prise de risque. Plus d’épisode défonce, plus de séjour à l’hôpital aux urgences, chouette !

Je le sens bien. Rien que maintenant, par rapport aux autres hospitalisés, je me sens mieux qu’eux (ou j’ai plus de chances, comme vous voulez), moins de traitement, j’ai perdu cinq kilos sans régime ni efforts, en mangeant bien, les fonctions d’élimination sont au point, je dors comme un loir , mais ça pourrait changer demain, date prévue de ma diminution de metha. C’est encore le sommeil qui m’inquiète le plus, j’aimerais pouvoir continuer à dormir comme maintenant, mais ce n’est pas gagné. J’en profiterais pour écrire, pas grave.

J’ai eu Nah au téléphone à deux reprises ce matin, la première fois elle était lucide et avec l’esprit vif et clair, la seconde fois j’avais à faire à un gros bébé en pleurs. Faut dire qu’elle n’a ni TV ni ordinateur, elle ne peut plus marcher ni supporter le poids de son corps donc si elle essaie de descendre de son lit elle tombe et un objet à deux mètres de son lit pourrait tout autant être sur la lune. Elle est à l’hôpital de Longjumeau, qui à l’air d’être une belle bouse. J’ai de la chance (encore!) d’être là où je suis. Je devrais peut-être jouer au loto ?

Nath est restée 3 ou 4 semaine dans le coma, elle doit refaire ses muscles, et ne pas succomber à la frustration. Elle a bien failli y rester ce coup là. Avec moi les deux font la paire, mais heureusement je ne galère pas autant qu’elle. Je ne supporte tout simplement pas d’être cloué dans un lit, il faut que ça bouge, je n’admets pas d’avoir un tuyau dans le pénis et de chier dans une bassine, si j’ai une autre possibilité. Tant que ma moelle épinière n’est pas sectionnée ou endommagée je bougerais.

Je sais à quel point c’est difficile quand les nerfs sont touchés, on veut mais on a beau faire, on ne peut pas, alors il faut essayer encore et encore, en nage d’efforts imaginaires ou presque.

On apprend la patience et l’humilité. A moins d’être bouché ou d’être un gros bébé pleurnichard.

Nath est en pleine régression, c’est moche et ça me fait mal. Ou plutôt, elle a de bons et de mauvais moments.

Faut dire que ça ne doit pas être le panard d’être clouée au lit sans échappatoire ni occupation.

J’ai eu le nerf cubital gauche sectionné entre seize et dix sept ans.

Ca a mis un an à repousser, toujours chanceux le klodd, en général ça ne repousse pas. Du tout.

Passons.

Hier j’ai fait un atelier sur la mémoire, c’était intéressant, de même que ce matin, sur la nécessité de savoir dire non. Au produit bien sur, mais aussi a des situations plus banales. D’où la nécessité de la négociation et surtout du compromis. A compromis chose due, comme disait l’autre. Pour être plus clair et arrêter les jeux de mots pourris, il faut que les deux partis cèdent un peu de terrain d’un commun accord, pour trouver un terrain d’entente.

C’est intéressant pour moi, car j’ai clairement du mal à dire non. D’autant que j’ai souvent affaire à des gens qui ne comprennent pas le non, qui insistent lourdement, appuient là où ça fait mal, et obtiennent satisfaction par une obstination plutôt brutale.