Tout est question de motivation pour arrêter une dépendance, aucun rapport avec la volonté. On a beau se faire violence, ça ne fonctionne pas. Comme se l’imagine trop de monde, que ce soit au sujet de l’alcool ou autre drogue. Je mets à part l’alcool, mais c’est une drogue aussi, et une drogue dure. 30 000 morts par ans contre environ 150 à 200 pour les diverses OD. Ca donne à réfléchir.

Défoncez vous, mais sans conduire ni boire d’une façon générale ou excessive. Oh et puis non, ne vous défoncez pas non plus, ca vous permettra de ne pas tout perdre dans votre vie. Moi j’y ai eu droit deux fois il, n’y aura pas de 3° fois. Je paye mes conneries au prix fort encore aujourd’hui. Je ne vais pas faire ça une dernière fois.

De toutes façons, il n’y a plus grand-chose ou de personne à perdre pour moi. Je pense que c’est une des raisons qui me font accueillir des gens chez moi. Une autre raison est que j’ai un F4 dans lequel je suis seul, je me suis dit que je pouvais dépanner des gens une ou deux nuit. Erreur fatale ! Règle N° 1 : personne ne rentre chez soi. Même pour un thé et des petits gâteaux, ou alors par le biais d’une association. Maison = lieux sacré. On ne profane pas. Sauf pour la famille et les vieux amis. Encore que la famille, moins je les vois mieux je me porte. Il ne faut pas faire de ride dans la mare de leur petit confort mental.

A titre d’exemple, mes trois aînés ont eu droit à une fête spéciale pour leur 50 ans. Et moi ? Que dalle, nada, rien de rien. Je vais bien voir s’ils font les 50 ans de mon petit frère, cet été. Ou alors, ils le feront mais sans m’inviter. Je trouve que c’est abuser quand même. Il y a eu aussi les fêtes et mariage des neveux et nièces, ou on a oublié de m’inviter. Ca fait mal.

Que voulez vous, quand on naît mouton noir on le reste toute sa vie. Je traîne les mêmes casseroles depuis des décennies, quand je sors d’un problème c’est pour tomber dans un autre. C’est lassant. Très lassant. Trente ans d’efforts, de petits succès, de gros échecs et on remonte sur le manège en espérant que ce tour là sera le bon.
On a qu’un seul choix : continuer à avancer malgré tous les écueils. S’arrêter, c’est mourir.

Et moi je compte bien tenir et emmerder le monde le plus longtemps possible. Vu mon hygiène de vie telle que je la pratique, ça ne devrait pas tarder tant que ça, mais sait-on jamais… Je viens d’une famille de nonagénaire (voir plus). La génétique joue en ma faveur. Au contraire de ma vie de patachon. Que j’ai largement laissé tomber en arrêtant de boire. Ca, ça a été un grand pas en avant. Il m’en a fallu des rechutes et des essais pour y arriver 10 ans environ pour réussir. J’avais perdu tout espoir, je me suis mis en congés huit jours en 2011, et j’ai décroché tout seul chez moi, avec l’aide de l’éspéral. Et ça a fonctionné, même si j’étais dans un sale état. Les toubibs que je voyais ne me croyais pas que je leur disais que j’avais arrêté. C’est pourquoi je me fous un peu de l’opinion des toubibs. Ils s’imaginent tout savoir mais nombre d’entre eux sont loin du compte et se plantent en beauté. Comme l’ile.

Je me souviens notamment d’un expert psychiatre qui n’a vu que deux choses : que je transpirais et que je tremblais. A partir de là c’était plié.Mais j’ai transpiré pendant 4 ans avant de retrouver des sensations normales. Avant, j’étais en tee-shirt à zéro en hiver et je transpirais. Enfin, cette partie de ma vie est passée. Et j’en suis très content. Parce que c’est très désagréable d’être dans un bus et d’être en nage. Et d’être le seul à dégouliner. A fondre plutôt. Une fois, je vais au CSAPA, en nage toujours, et un mec me dit « t’es en manque ? ». Je lui répond que non, que c’était juste l’alcool, il ne m’aurait pas cru probablement. Il a du croire que je me foutais de lui. J’ai ruiné mon canapé imitation cuir à cause de cette hyper-sudation. Mon thermostat intérieur s’est re-réglé correctement. Quatre ans pour ça. Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour récupérer d’autres choses. Si c’est seulement possible. J’aimerais par exemple avoir moins de trous de mémoire. Mais je prends des médicaments qui nuisent à ma mémoire. Enfin, je croyais en avoir fini avec ça, puis une autre personne m’en a repassé, comme ça, gratuitement (ou pour me remettre dans la dépendance, il gagne sa vie comme ça). Je ne sais pas, en tous cas j’ai fini le tercian aujourd’hui, je devrais récupérer à moins qu’un autre « cadeau » ne vienne perturber le tableau. Les dealers n’ont pas d’âme. Ni de cœur. Incroyable ce que les gens sont prêt à faire contre de l’argent. J’ai appris ainsi que N faisait des faveurs sexuelles pour de la metha. Par son ex. Elle ne se prostitue pas avec n’importe qui mais elle permet à son ex des privautés qui se font normalement entre adultes consentants et là N n’est pas vraiment consentante. Ca me met en colère. Une colère noire. D’habitude, Nath ne se laisse pas faire, mais là, pour un produit… Le 19/12 elle a RV avec le médecin d’Essonne accueil, le CSAPA de l’essone. Elle aura un traitement et n’aura plus besoin de continuer ce simulacre d’amour. J’ai envie d’aller voir ce triste personnage pour lui dire qu’il n’est pas le seul ami de Nath et que s’il recommence, on lui rentrera dans sa gueule de pervers.

Mais bon, c’est un peu tard, elle voit le médecin le 19/12, elle n’aura plus à se soumettre aux pratiques de son ex. Douze jours à tenir. De mon coté, je la dépanne sans rien attendre en retour, et si je me débrouille bien, elle n’aura plus besoin des « faveurs » de son ex. Il faut que je lui donne la moitié de mon traitement, c’est jouable. Déjà, j’ai de la métha sirop 20mg, que je vais lui donner, il y en a sept flacons, une semaine.Le reste, je lui donnerais en métha gélule (elle préfère le sirop, mais bon, on fait comme on peut et contre mauvaise fortune bon coeur).

Seulement, je crois qu’elle ne voudra pas qu’on en arrive là, après tout c’est avec lui qu’elle vit. Et c’est avec lui qu’elle restera une fois qu’on sera reparti. Mais je vais quand même lui proposer. Au moins elle se sentira moins seule dans cette galère. Elle aura une porte de sortie. Psychologiquement c’est important.

Quand je pense à ce salopard, je vois rouge.

Bref.

Quand on le voit, il est gentil, souriant, d’un commerce agréable, encore un qui cache bien son jeu.

Dans ce genre de cas, j’ai honte d’être un homme. Heureusement, il y en a qui rattrapent les autres.