Deuxième aller-retour BNP / commissariat, il manque toujours des papiers, et au lieu de tout me dire dés la première fois, ils me livrent les infos au compte goutte. Cette fois ci, normalement, j’ai tout, j’y retournerais cet AM ou demain matin. Troisième aller retour bnp / commissariat. Là je suis fatigué de marcher (pas de passe navigo ni d’argent pour prendre un ticket, il y a des contrôleurs partout, donc je marche).

Je ne sais pas si c’est à cause de vigipirate, mais en ce moment les contrôleurs s’en donnent à cœur joie.

Demain je passerais voir N, lui apporter des douceurs en guise de surprise (elle adore le chocolat). J’espère que je serais moins crevé qu’aujourd’hui. J’ai envie de dormir mais je n’y arrive pas.

4:00 Hier soir, j’ai eu la surprise de voir débarquer Khalil, dont j’ai déjà brièvement parlé sur ce blog (pas en bien hélas). Ce n’est pas tellement que je médisais de lui, mais plutôt que je regrettais, avec son état de santé déplorable, qu’il continue à boire à chaque fois que c’était possible.

Il m’a demandé de l’héberger une nuit, j’ai accepté, hier soir il n’était pas en état de discuter, ça ira mieux demain, enfin, tout à l’heure. Il a l’étrange faculté de piquer du nez tout en tenant un discours à peu près cohérent (bien que difficilement audible). Il m’a dit qu’il avait refusé une greffe du foie, ce qui m’étonne franchement. Selon lui, il y a trop de risques. Et avec son foie qui part par petit bouts, il n’y a pas de risques ? Je crois surtout que les médecins savent pertinemment que dés qu’il sort de l’hôpital, il va s’acheter sa bière, et qu’une greffe ne servirait à rien. Il a eu un traitement de l’hépatite C (l’ancien) qui a foiré à cause de l’alcool, et ce n’est pas qu’il n’arrive pas à arrêter, c’est qu’il ne le veut pas. C’est son mode de vie et seule la mort l’en fera changer. Ceci dit, c’est un survivant, il est cassé de partout outre ses maladies, mais il continue à faire son cinéma (c’est un comédien, pas un vrai, mais dans la vie). C’est une (très) grande gueule.

Je me suis réveillé un peu avant 4:00, la lumière de sa chambre était allumée, il ne dort pas. Je ne sais pas s’il n’a pas dormi du tout ou s’il a fait un petit somme qui lui a suffit.

Il doit avoir une belle dose d’angoisses je pense.

Stephane s’est pointé vers 22:00, avec ses yeux de chouette (quand il a trop bu, il a les yeux grand ouverts, ce que j’appelle ses yeux de chouette, ça lui donne un air perpétuellement étonné).

Bon, c’est décidé, aujourd’hui sera une bonne journée, chargée de plus. A 9:30, CSAPA, ensuite je vais chez N, puis de retour je passe au commissariat,, et enfin, s’ils sont encore ouvert, BNP. Je crains de devoir poireauter un moment au commissariat. C’est bondé.

Les flics brillent par leur absence quand on a besoin d’eux et jouent les importuns quand la situation ne l’exige pas. C’est un lieu commun, avec un zeste de vérité.

Bon, eh bien finalement ça a été une journée de merde.

Quand j’étais jeune, beau, intelligent et modeste, j’avais peur des flics parce que j’étais du mauvais coté de la barrière. Lors de mes trois premier jours de travail au ministère de l’intérieur, je m’attendais à chaque instant à ce qu’une main se pause sur mon épaule pour m’embarquer. Après 28 ans dans la police, je n’ai plus peur du tout et pour certains, ils me sont tout à fait sympathique. Pour certains seulement, car ce sont des hommes, avec leur lot de connards finis. Le fait de porter une arme est nettement plus dangereux que les ondes de relais téléphoniques. Pour le caractère, veux-je dire.

Heureusement, certains échappent à cette malédiction. Pris individuellement, ça peut aller, mais en groupe c’est la cata. Les groupes rendent cons. Comme les foules. Rien de pire qu’une foule déchaînée.

Stephane dort comme un bienheureux, ni bruit ni lumière ne le dérange, il a des ronflements très bizarres, parfois classiques, et parfois on dirait deux bouts de caoutchouc frottés l’un contre l’autre. Il grince des dents aussi. Tout un festival à lui seul.

Moi je sais que je ronfle comme un sonneur, mais je ne dérange personne. Mon père, qui fait des apnées du sommeil, a tout un appareillage avec un masque, très érotique. Je pense faire aussi des apnées du sommeil, mais je ne veux pas ressembler à un cosmonaute pour dormir. Je verrais ce problème quand ça en sera un, pour l’instant ça ne me gêne pas. Je ne m’en rends même pas compte la plupart du temps.

En ce moment, l’AM je m’ennuie, ce qui n’est pas bon dans mon cas. Je me réfugie dans le sommeil (et je me réveille à 4:00 du mat.) mais j’aime le calme du matin avec l’aube qui s’épanouit dans mon salon. Aujourd’hui je n’aurais pas le temps de m’ennuyer, mais les autres jours… J’épuise mes stratégies contre les cravings, je me fais l’impression d’être un Ouroboros, un serpent qui se mord la queue. Ca doit faire mal ça.

Alors j’écris. Ca faisait un moment que je n’avais pas fait autant de posts sur Karmaos. Pas des choses franchement passionnantes, mais c’est une catharsis, même si c’est ennuyeux.

Sur methafeeling, j’aurais beaucoup de choses à écrire, mais 30 ans de dissimulation ont fait leur œuvre de sape et j’ai beaucoup de mal à aborder les sujets vraiment sérieux. Même si c’est un espace de liberté et que je ne suis pas jugé. Enfin, j’espère.

C’est aussi une forme de pudeur.

Khalil m’avait demandé de l’héberger une nuit, ça fait quatre nuit de ça et il est toujours là. C’est déplaisant mais je vais devoir faire le ménage. Surtout qu’il n’est pas tout seul, il y a aussi Pp et Stephane. Si je les faisais payer, je deviendrais riche. Pp va repartir aujourd’hui (il passe la nuit chez moi de temps à autre), Stéphane va passer la journée dehors et reviendra ce soir pour dormir (c’est un accord entre nous). Mais Khalil, pas d’accord. Pas de nuit de temps en temps (ou une, pas quatre). C’est de l’incruste. En plus, il dort avec sa bière dans ses mains, et il les renverse, quand il ne gerbe pas. Je nettoie aussitôt, parce que sinon ça colle et c’est dégueulasse. Lui n’est pas pressé de nettoyer.

Il est plein de bonne volonté et d’un sans gêne sans limite, mais je me passerais bien de ses attentions.

Il ne manquait plus que Thierry pour compléter le tableau, et là, il y en aurait eu un a dormir par terre.

Trop, c’est trop.

Ca fait quatre jours que j’ai mal au crâne (une allergie à Khalil ?), on est dimanche, et je ne vais pas galérer à chercher une pharmacie de garde. J’achèterais du doliprane demain. En attendant je souffrirais. Je suis maso.

Les allers-retours bnp/commissariat seront pour demain aussi. Je n’ai pas eu le courage de m’en occuper vendredi.

Pas sérieux tout ça.

C’est surtout que j’avais un mal de crâne carabiné et qu’une envie, rentrer chez moi me reposer. Khalil à eu la délicatesse de me passer 2 dolipranes, ça m’a fait une journée de douleur en moins. Mais là, ça recommence. Ça monte doucement jusqu’à culminer en fulminant. Très désagréable.

Et pour ça, la métha ne fait rien. Ça calme pas mal de douleur, mais pas celle-là.

Nath marchait courbée, dos coincé, je lui ai suggéré de prendre de la metha, et là elle remarche normalement. Mais elle n’a pas un stock inépuisable. Si ça en arrive là, au lieu de jeter la metha dans les chiots je la lui donnerais. Mais bon, on en est pas encore là.

Je pense qu’elle a trop tiré sur la corde à se forcer à marcher tous les jours, malgré ses courbatures et ses douleurs.

J’ai essayé de la refréner, en vain. Elle avait peur de perdre sa motivation si elle arrêtait quelques jours. Résultat désastreux.

Pour forcer, elle a forcé. Pendant un bon mois, jusqu’à ce qu’elle se casse en deux. Du coup, elle ne veut plus sortir, pour ne pas avoir l’air trop bizarre.

Courage à vous tous qui en avez besoin, et toute mon amitié