Quand je lis Tah et ses déboires de santé associés à ses démarches avec les hôpitaux, ça me renvoie à mes X admissions depuis 2012 (et avant) et mon dégoûts de ces grandes boites inhumaines qui paradoxalement existent pour vous faire aller mieux. On est content d’en sortir en meilleure forme, quand on n’a pas chopé une saleté nosocomiale au passage. Mais pendant, même si on s’efforce d’être un « bon » patient, c’est une belle galère pleine de rames. Malheureusement (ou heureusement pour la gente féminine ?), je n’avais pas de dame de coeur pour m’accompagner au long de ces jours difficiles.

Contre mauvaise fortune bon cœur, comme le dit l’adage.

Je me souviens d’un sevrage d’opiacés en 2003, pendant 12 jours et presque douze nuit (je dormais environ 2-3h par nuits) je n’avais aucune occupation, à part la TV en journée et la clop la nuit. Ils avaient un fumoir (ça se faisait encore à l’époque) qui ressemblait à un aquarium avec 3 sièges défoncés (je me disais qu’ils avaient bien de la chances, eux...) ou les accros de la nicotine pouvaient prendre quelques bonnes bouffées de cancerettes (cf « Valentine », réplique du diable à Valentine et son cancer du poumon qui ne l’empêche pas de s’en griller une ) à toute heure du jour ou de la nuit, et j’en ai largement profité. Heureusement qu’il y avait ça pour me déstresser, parce que à part 1 doliprane 500 trois fois par jour, je n’avais aucune médication. Autant uriner dans un Stradivarius ou faire un cautère sur une jambe de bois.

C’était des partisans de la voie difficile, surtout pour les autres.

N et Thierry ont la même démarche vis à vis des dentistes : attendre le plus longtemps possible pour éviter d’avoir à

- attendre dans la salle du même nom

- souffrir

- devoir y aller (aller du point A au point B veux-je dire)

- ca fait mal (même s’ils souffrent de toute la mâchoire depuis des mois)

Bref, tous les arguments sont bons, même les plus farfelus.

Il faudrait leur débloquer un RV chez un dentiste au moment précis où ils craquent et se décident enfin, parce que trop c’est trop. Mais surprise ! Il faut un minimum d’une semaine d’attente, à moins que le dentiste soit vraiment peinard et disponible, ce qui n’arrive que dans les rêves. Parce que maintenant, les dentistes passent par Doctolib, qu’il y a des tas de gens qui souffrent eux aussi et qu’ils sont scotchés à leur mobile et internet et sont les premiers à réagir si un RV est annulé. Et, dommage, le moment de l’acceptation de la nécessité de consulter est passé, et ils repoussent ça de quelques mois, encore, tant que c’est humainement possible en tous cas. Moi je suis grave, mais pas à ce point. J’en connais plusieurs comme ça. N et Thierry, pour ne citer qu’eux. Je l’ai déjà dis, pas grave. Tout ça n’est pas très rationnel et doit remonter à l’enfance. On dirait une crise d’un gamin capricieux façon adulte sans retenue ou conseil d’un « vieux », ou plus exactement d’un parent.

Ce sont eux qui souffrent, c’est leur corps, et leurs dents. Mais ce sont les proches qui doivent se coltiner cette souffrance et ses conséquences (notamment sur l’humeur), pour ceux qui ont un minimum d’empathie du moins.