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smiley : regular_smile Stef et le new deal

 Je suis passé au CSAPA mercredi matin, vu le psy Olivier et le médecin le Dr Spock (je ne donnerais pas son vrai nom, histoire de préserver le secret médical… Auquel je n'ai nul besoin d'obéir).

Rien de particulier, sinon que le médecin à remis sur le tapis l'idée d'une cure au long cours, avec sevrage de la metha, persuadée que l'idée provenait du médecin de l'institut. Ils se repassent tous la balle, ce serait plus comique que tragique, surtout si ça concernait un autre que moi. Ils trouvent tous que c'est une très bonne idée, moi je trouve que c'est à chier. Si je les écoute j'en serais à ma troisième cure de suite. Faudrait qu'ils se renouvellent un peu. Tant que ce n'est pas eux qui sont concernés c'est une bonne idée. On peut dire ça comme ça.

Bref, moi je reste accroché de toutes mes forces à la cure ambulatoire. J'en ai vraiment marre d'être de la viande à cure, infantilisé, cocooné, règlementisé, interdit de prendre trop d'initiatives, sans liberté en résumé. Je pense que ce serait une bonne solution si ils m'écoutaient, ce qui n'est pas le cas.

Ca a été un vrai soulagement de pouvoir rentrer chez moi, de pouvoir faire (à peu près) ce que je voulais quand je le voulais. Sauf me défoncer. Avec un bémol.

Le seul hic, c'est que Stéphane passe chez moi pratiquement tous les jours. Il fume (ce qui m'est égal) et picole (idem sauf pour son haleine, qui me dérange).

On ne peut pas tout avoir…

Mais bon, j'aimerais avoir un peu plus souvent des jours sans le voir. Ca me ferait de l'oxygène.

Mon père est passé hier, lui a ressorti une vieille idée : la curatelle. Je sais que c'est parce qu'il s'inquiète pour moi après son « départ » comme il dit, vu qu'il a 85 ans. Il ne s'est pas vraiment renseigné, j'en sais plus que lui. Je lui ai expliqué les différence entre curatelle, curatelle renforcée et tutelle. Du moins contraignant au plus astreignant.

 

 

dimanche 18 septembre à 11h12 par klodd dans blasblaseries | # | 7 commentaires

smiley : regular_smile Ou sont les trois yarks ?

 J'ai dormi comme une masse jusqu'à 11h00, alors que je ne dormais plus énormément à l'institut. J'y suis passé hier pour rendre un bouquin à une curiste et des résistances pour cigarette électronique à une autre. Je me suis fait jeter comme un malpropre par mon ancien référent, juste parce que j'étais en train de discuter avec des patients, j'ai trouvé que c'était abuser mais bon, je n'y suis plus, je n'ai pas voulu déranger donc je suis parti. Je n'ai même pas pu dire au revoir correctement, pas cool.

C'est un hôpital inhospitalier.

Désolé, pas pu résister à celle-là. Je sais, je me fais vieux. Faut que je prenne mes gouttes.

Faut surtout que je me lance dans la paperasserie, j'ai rien glandé depuis mon retour, comme si le monde retenait son souffle en attendant ce que je vais bien pouvoir faire.

Ben c'est simple : rien.

Tout à l'heure, Toumani doit passer. C'est le gars qui devait s'installer avec moi, il y a trois mois, et il n'est pas question que je le laisse déposer ses valises chez moi. Il doit s'en douter, je vais confirmer. Il est gentil (!?) mais il boit un peu et surtout il prend des medocs, qu'il revend aussi. Ce serait une très mauvaise idée de lui laisser croire qu'il est le bienvenu chez moi. Pour l'instant il est dans un foyer, il a une copine (et dans copine, il y a « co », en fait c'est à prendre étymologiquement, il y a « co », qui veut dire partager, comme dans « cooperer », et pine, dont je vous laisse deviner le sens) et à choisir il n'a qu'à habiter chez elle. Non mais. Ils coopéreront ensemble.

Je l'ai croisé au CSAPA hier, mais je n'ai pas eu le temps de lui parler (Toumani, pas sa copine), en plus ce n'était pas le lieu idéal.

Il faut que j'arrive à faire comprendre à cette infirmière la nature de mon problème et faire en sorte qu'elle accepte de m'aider surtout. Pour l'instant elle en est encore à me sermonner les lieux communs sur la metha, genre « il faut prendre son temps, il faut se stabiliser », je vais finir par détester ce mot, stabiliser, pour moi c'est un synonyme de consommer. Il va falloir qu'ils me comprennent nom d'un petit dieu boiteux « Dionysos », un ancien pote à moi et boiteux dont la racine est « claudiquer », boiter, comme dans mon prénom, Claude, dit le boiteux. Autre nom de Claudius l'empereur romain. C'est vrai en plus. Vous aurez fait beaucoup d'étymologie aujourd'hui). Y a des jours comme ça. Rien ne vous sera épargné.

Donc, je me disais que je pouvais lui écrire éventuellement. Je suis parfois plus à l'aise par écris qu'oralement. Et ça n'a pas la même portée. Il faudra juste que j'évite de lui parler étymologie.

Elle a raison dans ce qu'elle dit (fo se stabilizer and co) mais elle est dans le déni pour le reste. Elle est sourde à ce qui sort de sa profession de foi (stabilizé). Elle a du tellement le dire et se l'entendre dire qu'elle s'est auto programmée et ne peut plus sortir de ses automatismes. Dur dur.

Si je lui sors ça comme ça, elle risque surtout de se braquer.

Allons mon petit Klodd, un léger effort dans la délicatesse et elle s'ouvrira à la vérité comme une fleur de printemps au soleil.

Oui, je sais, je suis assez familier avec moi-même parfois. Ces 3 mois d'hospitalisation ont laissé des marques.

Il y a un truc qui m'a un peu surpris (et bien entendu il a fallu que je mette les pieds dans le plat) c'est que dans tous les échanges, les dialogues, les monologues, les rôles (de psy, de patient, de toubib), les groupes de parole, les ateliers, à aucun moment on a abordé la sexualité et l'amour (le grand et beau sentiment…). Vu que c'est la mode de séparer les deux.

Jamais, sauf peut-être dans un groupe femme, où les hommes n'étaient pas conviés, il ne m'a pas été possible d'en avoir le moindre écho, mystère. Et encore, mon instinct me dit que ça n'a pas été possible de crever le moindre abcès dans ce groupe particulier, bien que nous soyons dans un hôpital.

Silence le plus total. Alors, dans un atelier « écriture » j'y ai fais allusion, en disant simplement que je me sentais prêt à revivre une histoire d'amour, et aussi que ma libido fonctionnait bien, merci. C'est tout ce que j'en ai dit. Et aussi que tout le monde y pense, mais personne n'en parle, ce qui à fait rire tout le monde. Voilà ce que j'ai récolté pour mes efforts et ma franchise : un bon vieil éclat de rire. J'ai été déçu. J'ai fait d'autres cure où il en était vaguement question, notamment au sujet de la baisse de libido, qu'on soit homme ou femme. Mais ça n'allait pas plus loin qu'un savoir livresque. Moi je vous l'affirme, en 2016 le non-dit est toujours roi et la révolution sexuelle n'a toujours pas éclatée. Tout le boulot reste à faire. Ou du moins, une grande partie.

Toumani a fini par passer, je lui ai dit que je ne le voyais pas emménager chez moi, il a acquiescé, d'accord, c'est tout bon, tu veux pas des benzos ?

Je vous le dis, chassez le naturel il revient au galop.

Il avait sa bière, à le voir sa dose de cachetons aussi, et ça roulait. Moi je propose toujours de l'eau ou un café, question d'hospitalité, et je me fais toujours avoir en oubliant que quand on a sa bière, on a besoin de rien d'autre. Je suis passé de l'autre coté, du coté où l'alcool n'est plus au menu, laissant place à toutes les autres boissons. Je ne regrette pas ce changement.

Demain atelier CSAPA, ça me changera les idées, je pense que je vais me coucher tôt (habitude que j'ai pris en arrêtant de boire justement, pour fuir la tentation vu que c'était le soir que je buvais). En allant me coucher aux heures de l'alcool, je coupais l'herbe sous le pied de ma « tentatrice ». La nécessité n'est plus d'actualité mais l'habitude est restée. Me réveiller à 2 ou 3 h00 du mat ne me gêne pas, et la nuit est douce, c'est mon alliée contre la défonce. J'écoute de la musique, j'écris, je regarde la TV (quand elle fonctionne…), bref je m'occupe gentiment, parfois je me recouche vers les 5-6h00 histoire de dormir une ou deux heures de plus, car la fatigue est là tout de même.

J'évite ainsi tous les fêtard couche-tard picolons, cachetonons, tu veux pas essayer le crack ? Nan, merci, sans façon.

Je ne suis pas sérieux, ceux qui sont dans le crack n'en proposent jamais à autrui, ils gardent tous leurs moyens financiers pour cette saloperie qui rend fou les plus raisonnables. Une défonce qui ne m'aura pas, ça ne me manque pas, même pas envie de voir, comme pour d'autres défonces. Je me suis fait avoir un paquet de fois, pour celle-là je suis trop vieux, un darond comme disent les djeuns d'aujourd'hui.

Si ils savaient les jeunes !

Je profite de mon âge pour éviter les jeunes cons. Quand j'étais plus jeune, je profitais de mon âge pour éviter les vieux cons. Je sais, je bouffe à tous les râteliers, c'est horrible. Aucune morale le vieux. Le jeune. Le machin. Bref, celui qui n'est pas comme il devrait.

Je viens de recevoir un SMS m'informant de l'arrivée de ma box free, du server si je ne m'abuse. Ou du player. Ou des deux. Il faut que j'aille voir ça avant de faire l'échange, je ne sais pas précisément ce qu'ils m'ont envoyé. J'ai encore le temps d'y aller, ou sinon demain. La journée devrait ressembler à celle d'aujourd'hui, CSAPA le matin, Toumani l'après midi, j'aurais le temps d'essayer d'installer la box. La TV fonctionnera peut-être en cette ère de miracle.

Je n'ai pas été tendre avec Toumani. Je savais que ça allait être désagréable, peut-être plus pour moi que pour lui qui nageait dans sa chimie médicamenteuse. Je lui ai dis cash que je ne pouvais pas le prendre chez moi du fait de ses problèmes de dépendance, alcool et cachets, du fait que j'étais trop fragile pour vivre en côtoyant ça. Donc je gardais mon appart pour moi tout seul, yark yark yark.

Bon, en gros c'était ça, les trois yark mis à part.

Je n'avais pas envie de tourner autour du pot, autant tirer sur le sparadrap d'un coup sec, ça fait mal brièvement mais ensuite ça va mieux, alors que si on le fait lentement on a bien le temps de profiter de la sensation. Et encore, je n'ai pas à m'épiler à la cire, je ne vous cause pas des métaphores que je pourrais faire.

Mon paternel m'a téléphoné, je ne sais pas ce qu'il mijote mais il fait de mystérieuses allusions à mon futur, je pense qu'il manigance un mauvais plan (mauvais pour moi). Je pense à une curatelle ou à une curatelle renforcée, tout dépendra de ma capacité à gérer mes moyens pour payer tout ce que j'ai à payer. Ca me fait peur en tous cas. Je n'ose pas lui demander. Je peux parler à un Toumani mais mon père me fait plus peur, et ce n'est pas une question de gabarit.

C'est le problème avec les gens qui vous sont proches, ils ont la capacité de vous faire mal, plus on est proche plus les risques sont grands. Et là, attention à la confiance. C'est tout l'art d'aimer : se sentir libre d'ouvrir son cœur à une personne qui du coup en détiennent les clés. Et peuvent vous l'arracher. Que ce soit d'un coup sec ou en douceur, ce n'est jamais agréable. D'ailleurs, si ça se reproduit trop souvent on perd la capacité d'aimer, c'est trop douloureux. Quoique, on oublie plus ou moins vite, ça dépend des gens. Et on est tellement bien entretenu dans l'idée que l'amour est le plus merveilleux sentiment qui soit, sentiment indispensable aux êtres humains, et autre pression sociale, bref on est pas normal si on vit seul. Incomplet. A soupçonner des pires travers. Les femmes sont des mal baisées, les hommes des pédophiles, les qualificatifs ne manquent pas.

Bon, j'arrive presque à la page trois, je vais m’arrêter là pour aujourd'hui, avant de sombrer dans le roman fleuve.

mardi 06 septembre à 18h25 par klodd dans Air du temps | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile Dans quelle metha j'erre ?

 J'ai l'impression d'être sur le fil du rasoir, dégoûté de tout. Et pris de vertige.

Si je craque j'aurais la satisfaction d'un plaisir immédiat. Peut-être. Ce n'est même pas dit. Peut-être que je devrais essayer, pour voir. Comme avec l'alcool, qui s'était mis à me dégoûter au bout d'un moment. Un long moment. Ca m'avait coupé toute envie de re-boire. Mais là ça ne fait pas très longtemps, trois mois. A l'échelle d'une vie ce n'est rien. J'y reviendrais.

Cette « envie » est plutôt un piège que me tend mon esprit, pour rechuter. Tous les arguments spécieux, les arguties boiteuses pour replonger, je suis doué dans ce domaine. On l'est tous je pense.

Pour s'illusionner. Parole d'alcoolo, le pire je crois est que sur le moment on y croit, avec de l'expérience on apprend à se méfier, mais il faut se faire violence de temps à autre, souvent au début. Ces satanés cravings. Un jour à la fois, comme disent les AA et les NA.

Quand il s'agit de comptabiliser et de mettre de coté des petites quantités pour tout prendre en une fois au bout de 2 ou 3 semaines, je suis aussi doué que la petite fourmi qui travaille sans relâche, sans se poser de question. Mais cette patience s'effondre brutalement quand le moment est venu de se la jouer cigale, faisant fi des risques, pour consommer.

Ceux qui connaissent le produit ont peur à ma place, moi je n'ai pas peur, j'ai ce sentiment d'être bien accroché à la vie, alors que tout se délite dans la confusion née de la consommation.

C'est à cause de cette peur, de cette mise en danger, que les soignants du CSAPA ont voulu que je fasse une cure. L'envie ne venait pas de moi, ce qui n'est pas de bon augure pour mon futur. Mais ils s'en foutent de mon futur, ils voulaient faire une BA pour atténuer leur sentiment d'impuissance. Quoiqu'il arrive par la suite, ils ont fait le nécessaire de leur coté. Ils n'auront pas à se sentir coupable.

J'ai certainement l'air injuste, et je le suis pour certains membres du CSAPA, mais pour d'autre, je sais que leurs motivations ne sont pas blanches comme neige. L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme dit le proverbe.

Je pense notamment à une certaine personne qui s'est vue attribuer des responsabilités d'un autre ordre que sa formation le lui laissait augurer. Elle s'est sentie pousser ses ailes, et ses dents. Le problème ne vient pas de ses fonctions mais des idées étranges qui lui viennent à l'esprit. J'en ai discuté avec d'autres patients qui sont du même avis que moi : elle se révèle assez malfaisante quand elle s'y met. Elle a d'étranges appréciations au sujet des gens qu'elle est supposée aider.

C'est elle qui m'aurait bien vu reprendre une autre cure à la suite de celles que je viens de faire, pour me sevrer de la méthadone. Il n'y a rien de mal à ça, me direz vous, mais le souci vient de mes finances, qu'elle connaît, et qui m'interdisent de passer sur une cure au long cours. Pas sans perdre mon boulot et mon appart, et je ne vois pas bien quelle en serait l'utilité si je me retrouve à la rue.

C'est une petite bonne femme d'un abord sympathique, mais elle a des idées tordues, et elle aime bien cultiver son image au détriment des personnes dont elle est supposée s'occuper.

A coté de ça, il y a des gens vraiment aidant, qui ne voient pas le mal car ils ne le conçoivent pas, c'est loin de leur « juridiction », de leur être véritable. Ceux-là sont aussi rares que précieux, la fange côtoie l'or le plus pur.

Demain je repasse à l'hôpital pour ramener un bouquin et récupérer quelques sous que me doit une curiste. Pas vraiment de quoi commencer une fortune, mais bon, elle tient à me rembourser.

Il faut que je réclame les quelques affaires qui m'ont été confisquées lors de mon entrée à l'hôpital, il y avait un après-rasage (à cause de l'alcool qu'il contient) et un ou deux autres trucs que j'ai oublié, c'est dire si c'est important pour moi.

J'avais repris de la confiance en moi à l'IMR (Institut Marcel Riviere), confiance que j'ai déjà partiellement perdu, surtout point de vue mémoire. Quand je buvais, j'en étais arrivé à tout noter sur des bouts de papier ou sur des enveloppes, je ne mémorisais plus rien. Le pire c'était au téléphone. Bref, avec le temps de l'abstinence, j'avais partiellement récupéré ma mémoire, mais quand je m'aperçois que je recommence à ne plus bien mémoriser je me remets à tout noter et je vis ça comme un retour en arrière pénalisant. C'est ce qui m'arrive en ce moment, je suis fragile et je n'aime pas devoir l'avouer.

Les causes sont multiples, changement de traitement, de milieux, coup de fatigue, des paramètres différents peuvent jouer. C'est flippant, cette perte de contrôle et cette trahison du corps et de l'esprit.

Ceux à qui ce n'est jamais arrivé ne peuvent pas comprendre. Il n'y a pas de choix, on n'y peut rien. Tous les efforts sont parfois sans le moindre effet. L'entourage est très important dans ces cas là. Et quand on n'a aucun entourage, on fait quoi ? Une petite prière, ça ne peut nuire à personne… C'est de l'humour noir. Très noir, de l'humour né de la tragédie. A la Desproges, qui aurait compris, lui.

Il s'est moqué du cancer pendant des années avant d'être rattrapé par la maladie. On ne peut pas tricher avec la santé, et le traumatisme né de la douleur.

Cette bonne vieille souffrance qui ne fait jamais défaut, même quand on ne veut plus d'elle.

Je me trouve actuellement (c'est à dire depuis mercredi, jour de ma sortie de l'IMR) dans la situation suivante : je passe trois fois par semaine au CSAPA, le lundi, le mercredi et le vendredi. J'ai pour deux jours de traitement à chaque fois, et je peux mettre 20 mg de coté chaque jour. Il me faut 160 à 200 mg en une prise pour bien la sentir, soit 8 à 10 jours d'économie, si j'ose dire. Quand j'en ai assez de coté, rien ne m'empêchera de la prendre, c'est une pulsion plus forte que moi. Mais j'ai encore la solution d'en faire part au CSAPA et de leur demander de baisser la metha au rythme de mes « pulsions », c'est à dire plus vite que je ne peux économiser. Ou assez vite pour me stabiliser. C'est là que je freine des quatre fers pour que mes pulsions continuent de vivre et donc pour me défoncer. Je ne sais pas si ça vient du « ça » ou de Tombouctou, la seule chose que je sais c'est que c'est plus fort que moi, j'ai beau me faire violence, je me fais avoir à chaque fois.

J'ai donc le choix entre le CSAPA pour baisser si j'en parle, ou pour me défoncer si je garde le silence ; Et même si j'en parle, je ne suis pas certain que le CSAPA suivra. Je ne longe pas un chemin tout tracé par d'autres, il n'y a pas de protocole bien établis, ce qui va probablement déstabiliser mon médecin addictologue qui est une grande fan des dossiers papiers. Quand elle voit des patients, elle se base systématiquement sur son dossier papier, à l'heure de l'informatique c'est un peu la loose mais bon, il faut faire avec… Avec la vieille école.

Je rebondis d'une solution a un problème comme une bille d'acier dans un jeu de bille géant, sur le point de tilter.

Bien entendu, je sais ce qui serait le mieux, demander de l'aide au CSAPA, mais toutes les forces de mes dépendances luttent contre cette option, pour relancer la chaudière et me ménager le maximum de metha de coté. Avant de me faire hospitaliser, j'étais à 50mg (en théorie) alors que je prenais 20 mg/jours, il m'en restait 30mg que j'amassais jusqu'à disposer de 150 à 200 mg que je prenais en une fois. Et encore, il y avait de l'amélioration. Je ne prenais plus de benzo, même s'il y avait des exceptions, qui m'ont valu deux jours de coma début Juin (je suis entré à l'hôpital pour la cure le 20/06/16).

J'ignore toujours ce qui m'est arrivé précisément, je sais juste que le lendemain j'avais des contusions au bras gauche et au visage, qui était tout gonflé. Ca ressemblait plus à un oedeme qu'a une marque de coup. Et un trou noir en guise de mémoire.

Pour en revenir à mes ovins, je suis sortis merdredi avec un jour de traitement pour le jeudi, date à laquelle je devais voir mon médecin du CSAPA. Mais j'ai fais une sieste et ne me suis pas réveillé à temps, c'est donc le vendredi que je suis allé au CSAPA. Là, ils m'ont donné 4 jours de traitement (du vendredi au Lundi) ce qui m'a permis de prendre 4X20=80mg plus la dose de la journée courante de 60mg, donc 140mg. Ca fait une petite dose mais j'étais trop impatient de réessayer, j'ai donc pris 140 mg et j'ai attendu en vain un quelconque bien-être qui n'est jamais venu. Ca m'a calmé en tout cas. Ca a coupé l'herbe sous les pieds de mes pulsions et m'a remis les idées en place, pour un petit moment du moins. J'ai bien senti la metha monter, mais sans aucune satisfaction. Je n'ai pas eu droit à ma camisole chimique. Ca m'a fait l'effet d'une douche froide, en moins brutal peut-être.

Au CSAPA, il y a une infirmière que j'apprécie particulièrement pour sa sagacité et son humanité, elle respecte les gens et a de bons rapports avec ses patients. Elle est vraiment bien, mais je sais que si j'en passe par elle pour le suivi en ambulatoire de la baisse de la metha, elle sera obligée d'en référer au médecin addictologue amatrice de dossiers papiers. Qui prendra finalement les décisions, même si l'infirmière est plus à même de le faire. Je pense que j'en passerais par elle ne serait-ce que pour tâter le terrain. Et puis ce sera elle (ou une autre infirmière, elles sont deux à se partager le boulot qui consiste à recevoir les patients et à leur délivrer la metha, et aussi, et ce n'est pas la moindre de leur responsabilité, de maintenir un lien de parole avec les patients), donc ce sera elle que je verrais pour les trois RV hebdomadaires. Et pas le médecin. La pauvre va être complètement dépassée. Le médecin, pas l'infirmière. Il va falloir taper vite et fort, et elle n'a pas les qualités de l'infirmière.

Il y a tout de même une autre solution que je n'ai pas évoqué, car plus risquée, mais qui trotte dans ma petite tête : continuer à prendre la métha que me délivre le CSAPA, n'en consommer qu'une partie et garder le reste bien au chaud chez moi. Mais ça soulève une autre question de poids : en serais-je capable ? Je sais pouvoir faire preuve de patience avec la metha, mais parviendrais-je à différer la pulsion sans jamais en prendre ? J'ai affaire à forte partie : la part de moi-même qui fait tout pour reconsommer. Qui finit toujours par tendre le bâton pour se faire battre.

Je l'ai fait entre 2000 et 2003, et c'est aussi ce qu'à fait Nath avec sa metha sirop qu'elle m'a revendu mais bon, c'est une autre histoire.Ca soulève l'inévitable question suivante : la garder pour quoi faire ?

Tant que je n'essaie pas, je ne saurais pas si c'est dans mes cordes. Et pour l'instant, je ne pars pas gagnant. Il me faudra une bonne dose de lucidité et de patience pour mettre de coté cette metha sans y toucher. A terme, je la redonnerais au CSAPA, je ne vois pas vraiment à qui d'autre je pourrais la donner sans risque. Il faut savoir que pour une personne n'ayant jamais pris d'opiacé, une dose de 60 à 80 mg peut suffire à être létale. Quand j'en prend c'est 150 à 200 mg, deux fois la dose mortelle, je ne peux pas donner ça à n'importe qui dans n'importe quelle condition. En plus, supposons que la police pour une raison X ou Y fasse une perquisition chez moi et tombe sur un stock de metha, ils en déduiront que j'en fais le trafic, même si c'est faux, et je me retrouverais dans la mouise.

Il n'y a pas de bonnes solutions, que des solutions bancales.

Peut-être que pour vous il y aura une façon évidente de voire les choses, que je ne peux distinguer car étant de parti-pris et trop plongé au cœur des problèmes.

Jee voulais dire autre chose qui n'a rien à voir : j'ai repensé à ce qu'avait dit Dark Crystale au sujet de ma tendance à ne laisser des coms que sur mes propres post : ça m'a fait mal sur le coup, mais je vais essayer de m'amender... Et encore merci pour swiftkey !

lundi 05 septembre à 03h42 par klodd dans blasblaseries | # | 3 commentaires

smiley : regular_smile Papou

 En ce moment j'ai des appels pour Papou. 

Je m'explique : j'ai prêté une carte SIM à Toumañi dit Papou à un moment où je n'avais ni argent  ni smartphone.  J'avais deux carte SIM et je lui en ai prêté une à la condition qu'il n'appelle pas de numéro surtaxés. Le mois dernier je vois qu'il à téléphoné pour soixante euros de numéro surtaxés. Je lui fais un SMS, sans réponse. Je reprends donc les choses en main et bloqué sa carte SIM. C'est tout de même moi qui paie dans l'histoire. 

Toujours pas de réponse et je reçois un appel pour du travail a son intention du coup je contacte le CSAPA pour qu'ils le préviennent et en ce qui me concerne les choses s'arrêtent la. Je continue de recevoir des appels pour lui,  je dis juste que Papou à changé de numéro. Je ne peux pas dire grand chose d'autre vu que je n'ai pas son numéro. Je vais le revoir au CSAPA et on s'expliquerait à ce sujet à ce moment là. 

Il était question qu'il loge chez moi avant ma cure. Les options ont changé d'autant plus qu'il est dans la consommation (benzo,  alcool) et ça pour moi c'est rédhibitoire plus de Papou dans mes projets d'avenir. 

Quand à leilia je lui ai envoyé un mail dans lequel je lui disais mes sentiments maintenant la balle est dans son camp. Plus que deux jours avant ma sortie et que sera sera. 

Pour prendre mon temps j'ai pris mon temps. Difficile de passer sur dix ans de solitude. 

Je suis rouillé. 

Je verrais bien,  dans la choix et la ponne humeur. Comme disent les allemands. 

 

 

lundi 29 août à 17h30 par klodd dans Air du temps | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile oubli

 Ultime week-end chez moi. La personne qui a préparé mes médicaments a oublié la metha et je ne m'en suis pas aperçu avant d'arriver chez moi. Il faut le faire. Pas grave, je repartirais plus tôt demain.

J'ai quelques numéros de téléphone de curistes, mais en général il y a quelques rappels plus ou moins espacés et on se perd de vue en douceur. Je doute qu'il en aille différemment cette fois. Je ferais de mon mieux de mon coté, notamment pour garder le lien avec Leilia. Peut-être qu'un contact en dehors de l'institut permettra d'approfondir et de changer la nature de nos relations. Rêvons un peu.

Je lui écrirais sur gmail, elle les recevra sur son téléphone portable.

Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de lui parler, elle a sa fierté et ne se livre pas si facilement, je vois ça comme de la pudeur.

Il y a eu plusieurs départs de l'institut et il y en aura d'autres dans la semaine à venir, ce qui implique d'autres nouveaux avec tout ce que ça suppose de difficultés a arriver et poser ses valises.

C'est plus délicat d'arriver que de repartir je crois. Sauf point de vue produits, là c'est l'inverse.

Tout ceux qui sortent ne serait-ce que pour quelques jours doivent faire face à une montée en puissance des cravings, puis ça passe en quelques jours (qui semblent longs). Redoutable.

Reveil à 6h00, il y avait longtemps que je n'avais pas fait une aussi belle nuit. Il n'y a pas a dire, c'est chez soi qu'on se sent le plus chez soi. Habituellement je me réveille vers 3 ou 4h00 du mat quelle que soit mon heure de coucher.

Dommage, j'aimais bien pouvoir me réfugier dans le sommeil. Même si ça a des limites.

J'ai des soucis avec mon PC qui bloque a l'ouverture de session. En insistant on finit par y arriver mais c'est très chiant.

J'ai réussi à oublier ma metha hier, résultat je vais devoir retourner à l'institut le plus tôt possible. Faut le faire. Ceci dit, j'aurais du y aller tôt de toutes façons. Y a pas de lézard.

 

dimanche 28 août à 07h22 par klodd dans Air du temps | # | 4 commentaires
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